Dans cet article, parlons de deux films qu'il me tardait de voir, avant de vous présenter deux courts-métrages d'horreur qui valent le détour.
Mother (2009)
Thriller coréen de Bong Joon Ho sorti en 2009, Mother ne surprend pas beaucoup par ses thématiques : le meurtre sordide d'une jeune femme dans une petite ville, la famille comme ressort dramatique, la quête de vengeance et de justice, l'incompétence policière, les personnages ambigus... Même si je suis encore novice en cinéma coréen, je n'ai pas pu m'empêcher de voir de nombreuses similitudes avec Memories of Murder ou de The Chaser.
J'ai tout de même passé un excellent moment devant Mother, malin dans sa manière de brouiller les pistes et d'apporter des réponses. Un élément scénaristique m'a particulièrement époustouflé car il fait habilement intervenir la mise en scène : il s'agit d'un twist à propos d'un plan du film, une image qui échappe à l'œil du spectateur mais qui est pourtant bien présente. J'ai dû revenir au début du film pour vérifier que l'élément était bien là depuis le départ, et la révélation m'a fait un choc. C'est brillant et très inhabituel dans la manière d'amener un twist, j'ai adoré ça.
Mise à part la résolution de l'enquête, le thème de la maladie mentale se marie très bien avec celui de l'amour maternel, d'autant que Won Bin et Kim Hye-ja excellent dans leurs rôles respectifs. Je vous conseille Mother, c'est à la fois un drame intense et un thriller captivant. Il a failli devenir un coup de cœur.
La Dolce Vita (1960)
La Dolce Vita de Federico Fellini est souvent considéré comme le chef d'œuvre ultime du cinéma italien. Le film suit un journaliste mondain, Marcello, qui oscille entre fêtes dévergondées et histoires d'amour à Rome. L'image est de toute beauté, le casting est splendide. Mais c'est très long.
Bien que le film dure presque trois heures, je vais être assez bref. La Dolce Vita est absolument parfait durant la première heure. J'en ai pris plein les yeux et j'aurais clairement savouré mon visionnage s'il avait continué sur cette voie. Malheureusement, le film est structuré en épisodes inégaux, sans qu'on comprenne réellement pourquoi, et la disparition du personnage de Sylvia entraîne également un relâchement dans l'intérêt que j'ai pu porter à cette histoire. En effet, dès qu'elle nous quitte, la deuxième moitié du récit est étonnamment longue et peu passionnante.
Il m'est difficile de comprendre cette construction pour le moins déstabilisante. Le récit m'a semblé décousu et brouillon alors que je commençais tout juste à prendre mon pied avec la fameuse séquence dans la fontaine, une véritable merveille. Anita Ekberg apporte une part de mystère à son personnage, qu'on a envie de connaître en profondeur là où tout le monde ne semble s'intéresser qu'à sa surface. Cependant, l'étude psychologique de Sylvia est brutalement tuée dans l'œuf, et c'est franchement regrettable. Frustrant, même.
Par contre, esthétiquement, La Dolce Vita est magnifique. Le noir et blanc est délicieux et la mise en scène quasi parfaite : certains plans (la montée des marches) sont mémorables. De plus, le casting est succulent : j'ai adoré Anouk Aimée et, surtout, Marcello Mastroianni qui porte tout le film sur ses épaules. Dommage que Fellini m'ait totalement perdu en cours de route, car j'ai souffert durant la dernière heure : souffert de ne pas comprendre où ça allait, ni ce que ça voulait dire. A revoir un jour à froid, sans doute.
Attic Panic (2015)
Enfermée dans son grenier, une femme remarque qu'un fantôme s'amuse à dévisser toutes les ampoules. Toujours dans l'optique de faire de la place aux courts-métrages sur le blog, je vous encourage à découvrir Attic Panic qui, dans le pire des cas, ne vous fera perdre que 3 minutes de votre temps. Encore une fois, le réalisateur David F. Sandberg (Lights out) met en scène sa femme Lotta Losten dans une situation difficile.
Le court-métrage est élégant, efficace : ça va droit au but et les idées sont ingénieuses. J'aime particulièrement l'absence de jumpscares, beaucoup trop utilisés dans le monde du court-métrage (et souvent gratuitement). Ici, Sandberg préfère instaurer une atmosphère en jouant sur la panique ambiante.
Intruders (2014)
Intruders est assez curieux : ses 10 minutes sont découpées en trois parties, chacune nous montrant une situation différente. Pourtant, ça file à une vitesse folle : j'ai été saisi par l'ambiance et certaines idées sont de véritables pépites. Petite mention à la deuxième partie du film avec la longue-vue, qui joue sur la peur de manière terriblement inefficace et inhabituelle : le danger est palpable, c'est terrifiant.
Je n'en dis pas plus : je vous conseille ce court-métrage signé Santiago Menghini, qui a remporté quelques récompenses dans les festivals.