Bien, maintenant que cette année 2025 placée sous le signe de "j'ai décidé de regarder 150 classiques du cinéma parce que je suis un cinéphile sérieux" est terminée, je vais enfin pouvoir revenir à ce petit cinéma un peu bête (mais pas méchant) qui m'a clairement manqué. Non pas que la découverte d'œuvres cultes du cinéma ait été pénible, loin de là. Mais bon sang, ça fait du bien, parfois, de lancer un petit film neuneu qui ne demande aucune réflexion, et qu'on regarde juste par plaisir coupable. Je ne m'étais pas laissé assez de place pour ces films l'an dernier, donc attendez-vous à en voir réapparaître. Beaucoup.
Et quoi de mieux que ces 5 films pour prouver mes propos ? Pour commencer l'année, j'ai eu envie d'approfondir la filmographie de quelques actrices que j'aime beaucoup, et que je souhaite découvrir davantage. Ces 5 films ne sont pas des chefs d'œuvre. Ah ça, non. Mais ils ont été plaisants à regarder, malgré – parfois – leur affligeante bêtise. Au programme : Rebecca Hall (accompagnée de Bruce Willis, s'il-vous-plaît), Stacy Martin, un duo de Rachel : McAdams & Weisz, mais aussi Mila Kunis et... Keira Knightley. Et oui, encore elle. Et non, je n'ai pas encore vu toute sa filmographie. Mais c'est un projet.
Lady Vegas (2012)
Petit film de Stephen Frears – connu principalement pour Les liaisons dangereuses en 1988 –, Lady Vegas est assez catastrophique sur le plan scénaristique. Il s'agit d'une jeune femme (Rebecca Hall) qui, pour changer de son boulot dégradant, décide de travailler pour un bookmaker (Bruce Willis). Ça part à peu près dans tous les sens, la comédie ne fait pas spécialement effet à part quelques soufflements du nez, les personnages sont dénués d'intérêt. Mais.
Mais il y a Bruce Willis, avec qui je vis l'une de mes plus belles histoires d'amour filmique depuis que je suis gosse. Quel plaisir, de revoir Bruce Willis ! Ça faisait si longtemps que je ne l'avais pas vu dans quelque chose de nouveau. Non sans un pincement au cœur, certes, car Lady Vegas ne lui offre pas un rôle à la mesure de son immense talent, mais il m'a fait sourire. Et puis il y a Rebecca Hall, que je chéris depuis de nombreuses années et notamment depuis La proie d'une ombre, véritable réussite du cinéma d'épouvante de ces dernières années.
C'est pour cette actrice que j'ai découvert Lady Vegas, pour avoir un aperçu de ses autres rôles, et je n'ai pas été déçu : Rebecca Hall joue ici un personnage à l'opposé de ce qu'elle propose habituellement. En général, elle incarne des femmes intelligentes et perspicaces. Ici, elle est méconnaissable en femme totalement cruche, elle m'a beaucoup amusé. On rajoute à ça quelques seconds rôles comme Catherine Zeta-Jones, pour obtenir finalement un film moyennasse, voire franchement crétin et oubliable. Il n'empêche qu'on est en bonne compagnie.
Rosy (2018)
Stacy Martin est également une actrice que j'ai envie de découvrir, chose que j'avais commencé à faire il y a 3 ans avec La graine, Vox Lux et Amanda. Ici, l'actrice tient le premier rôle dans un thriller plutôt original : Rosy est kidnappée par un homme qui souhaite avoir "sa chance de la séduire". Mais Rosy voit clair dans la psychologie du ravisseur, et essaie de le manipuler pour inverser les rôles.
Le problème de Stacy Martin, c'est qu'elle a débuté au cinéma avec Nymphomaniac et donc, principalement, des scènes de sexe dénudées. Ainsi, lorsqu'on voit Rosy, on ne peut s'empêcher de penser que l'actrice a eu tendance à s'enfermer dans des rôles sexys durant quelques années, et ce même lorsque c'est une femme à la réalisation (ici, Jess Bond).
Fort heureusement, si on éclipse les scènes d'amour, Stacy Martin est une très bonne actrice et elle le prouve régulièrement au cinéma. Je me souviens, d'ailleurs, qu'elle était le seul point positif que j'avais trouvé à l'affreux Archive de Gavin Rothery. Dans Rosy, Stacy Martin tire son épingle du jeu et sauve clairement le film d'un massacre : Rosy (le personnage qu'elle incarne) est amusante, étonnante. Même si on est loin du chef d'œuvre, j'ai trouvé le film délicieusement ludique, avec des idées originales pour un film de kidnapping. J'ai passé un bon moment.
Désobéissance (2017)
Disobedience est très clairement le meilleur film de cette liste, bien qu'il soit, pour le coup, très attendu dans son développement. Son principal intérêt réside dans la rencontre des deux meilleures Rachel du cinéma : McAdams et Weisz, dont je souhaitais également poursuivre la filmographie. J'ai aimé le ton intimiste des scènes, qui se passent pour la plupart dans des lieux clos, mais également les couleurs sombres qui donnent une impression de vie triste et enfermée pour les deux personnages féminins.
Désobéissance parle de traditions, en opposition à l'émancipation et au libre-arbitre. Ce n'est pas un discours très nouveau au cinéma (la religion et le regard des autres comme entraves à la liberté), mais les deux actrices s'en sortent tellement bien que le film est un plaisir à suivre. Je n'irais pas jusqu'à dire que je vous le conseille, car il souffre tout de même d'une faible écriture et d'une réalisation classique (Sebastián Lelio ne propose rien de mémorable avec sa caméra), mais quelques émotions passent à travers l'écran.
Four Good Days (2020)
Au tour de Mila Kunis avec Four Good Days de Rodrigo García, un drame assez "facile" sur le thème de l'addiction à l'héroïne. Là aussi, le film vaut principalement pour la performance des deux actrices principales : Kunis, évidemment, est géniale. Mais elle est surtout accompagnée d'une Glenn Close remarquable en mère désemparée mais incapable d'abandonner sa fille ravagée par la drogue.
Le scénario, malheureusement, n'est pas très crédible : cette jeune femme a des prises de conscience étonnantes pour quelqu'un en sevrage d'héroïne, et semble plutôt bien vivre la situation. Le dénouement, lui aussi, est vite expédié et très simple. Trop simple. Mais c'est Mila Kunis, et c'est Glenn Close. Le film est très sympa grâce à elles, se transformant même en plaisir coupable. Le genre de films qu'on regarde sans aucune minute d'ennui, même si on sait que ce n'est pas très profond.
Girls Only (2014)
Encore un film prévisible, mais cette comédie romantique de la réalisatrice Lynn Shelton (paix à son âme) se regarde avec grand plaisir. Je ne l'ai jamais caché sur ce blog : j'étais amoureux de Keira Knightley lorsque j'avais 14 ans et je pense que j'en garde aujourd'hui encore des traces invisibles. Lorsque je vois jouer Keira Knightley, j'ai un frémissement. C'est ainsi, que voulez-vous ? Au-delà de cet aspect purement émotionnel, l'actrice est objectivement capable d'apporter beaucoup d'humour (mordant) et de douceur à une intrigue, et c'est encore le cas ici : son personnage est drôle, touchant. Même si le scénario tient sur un post-it et que la conclusion est aussi niaise qu'attendue, Knightley nous embarque dans la vie de cette jeune femme qui souhaite tout envoyer valser.
Girls only, c'est une bulle d'humour et de fraîcheur, un feel good movie un peu idiot, mais qui donne le sourire malgré tout. Sam Rockwell n'est pas à son top, Chloë Grace Moretz est aussi agaçante que d'habitude, mais c'est sympatoche. Je ne vous conseille pas de le voir, mais c'est sympatoche.
Je vous avais prévenu, on n'est pas sur du Citizen Kane ni du Tarkovski. N'empêche, ça reste du cinéma et ça divertit.