En guise de 15e film pour le concours, La Nik m'a proposé de regarder Brûle le sang, d'Akaki Popkhadze. Il s'agit ici du premier long-métrage du réalisateur franco-géorgien, dont les thématiques ne m'attiraient pas spécialement : violence, vengeance, masculinité. Mes préjugés ont vite disparu face à la qualité de la mise en scène, tout à fait originale pour un film produit en France.
Suite à mon visionnage, je me suis intéressé au travail d'Akaki Popkhadze et j'ai découvert son premier court-métrage, Le soleil des nuits blanches. Afin de garder un peu de suspense concernant les gagnants du concours, j'ai décidé de ne pas dévoiler quels films de votre sélection rentreront dans mon top 500, mais pour Le soleil des nuits blanches, je peux le dire sans hésiter : il s'agit d'un véritable coup de cœur.
Si quelqu'un peut m'indiquer un moyen de voir son moyen-métrage Je vois (un plan-séquence de 37 minutes), merci de vous manifester dans les commentaires, car ça m'intéresse beaucoup. J'ai cru le trouver à 3,99€ sur Vimeo mais le paiement m'a paru louche (on souhaite me débiter $0, ce qui fait penser à un abonnement déguisé), je ne suis donc pas allé au bout de la démarche.
Brûle le sang (2025)
Brûle le sang se démarque, dès les premières minutes, par sa réalisation en caméra grand angle, très inhabituelle dans le cinéma français. Impossible de ne pas penser à du Terrence Malick avec ces longs plans (parfois des plans-séquences), et cette caméra qui vient s'immiscer au plus proche des visages. Avant de le voir, jamais je n'aurais pensé qu'un tel film puisse être tourné de manière aussi douce. J'avais imaginé quelque chose de froid et de sec, dans la veine d'Un prophète d'Audiard. Pour quelqu'un comme moi, qui apprécie particulièrement les jolis plans flottants, La Nik a visé juste, et j'en fus le premier étonné.
Malgré tout, Brûle le sang n'est pas dépourvu de violence, mais celle-ci est montrée dans un langage cinématographique inattendu. Akaki Popkhadze a un sacré style et les personnages sont superbement mis en valeur par cette approche visuelle. Bien que l'intrigue soit assez classique sur le thème de la vengeance et de la virilité, on se sent proche de ces deux frères que tout semble opposer. Les deux personnages sont complexes : Tristan souhaite se ranger dans une vie orthodoxe, mais cette paix est mise à mal par le meurtre de son père. Son grand frère Gabriel, qui rentre à Nice après 10 ans d'absence, mène Tristan sur le chemin de l'agressivité et de la violence. La dualité entre les deux hommes est passionnante à l'écran, car chacun est capable de franchir la ligne, d'un côté comme de l'autre, ce qui les rend particulièrement imprévisibles.
Le casting est superbe. Florent Hill et Nicolas Duchauvelle portent le film sur leurs épaules avec rage, sans aucun temps mort. Denis Lavant est plus discret et moins extravagant que d'habitude, il laisse de la place aux deux jeunes acteurs alors qu'il aurait pu aisément voler chaque scène où il intervient. Sa présence est marquée par son talent, évidemment, mais ce sont toujours Tristan et Gabriel qui restent au centre de l'image. Quant à Finnegan Oldfield, il est (génialement) en roue libre dans le rôle de Marco, très agité et imprévisible. Son interprétation est absolument folle.
Je remercie donc La Nik pour cette proposition, car il est évident que je ne me serais jamais penché sur ce film autrement. Brûle le sang est surprenant, visuellement superbe. Un premier film prometteur.
Le soleil des nuits blanches
Suite au visionnage de Brûle le sang, j'ai poursuivi avec Le soleil des nuits blanches, qui fait donc partie des rares courts-métrages à intégrer mon top 500. Durant ces 10 minutes, on suit un père toxicomane qui doit gérer sa fille tout en consommant et achetant de la drogue. On retrouve Florent Hill dans le rôle principal, il est absolument brillant dans la peau d'un addict persuadé de protéger sa fille alors qu'il la met constamment en danger. Etant moi-même père de deux filles, ce court-métrage m'a révolté, irrité, effrayé. J'étais, durant 10 minutes, à l'affût du moindre danger pour la gamine, jusqu'à la scène du cinéma qui m'a paralysé d'effroi. Je vous conseille ce court-métrage, c'est une merveille. Juste un bémol pour le son en mono qui semble déséquilibré et ne fonctionne qu'à gauche : avec les écouteurs, le canal droit est muet.