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N’attendez pas trop de la fin du monde - de Radu Jude - Critique

N’attendez pas trop de la fin du monde - de Radu Jude - Critique

     Angela parcourt les rues de Bucarest afin d'interviewer des candidats potentiels pour une publicité sur la sécurité au travail. Ne comptant plus ses heures, c'est épuisée et irritée qu'elle remplit ses différentes missions. Do not expect too much from the end of the world (2023) est un film roumain de presque trois heures, qui m'a été conseillé par bulgakovenjoyer123. Un film assez déstabilisant.

 

N’attendez pas trop de la fin du monde - de Radu Jude - Critique

     Ceci est mon premier film de Radu Jude, et voilà un cinéma qui ne me parle pas beaucoup. N'attendez pas trop de la fin du monde m'a paru très long pour ce qu'il avait à raconter, avec une succession de situations répétitives qui m'ont quelque peu lassé. Si on met bout à bout les scènes (interminables) où Angela est au volant de sa voiture en silence, je pense qu'on atteint une bonne demi-heure de film. Certes, l'idée est compréhensible : Angela passe sa vie au volant, ses journées sont longues et Jude cherche à ce qu'on le sente passer. Mais le procédé a fini par m'ennuyer profondément, d'autant que le personnage n'a rien d'emballant.

 

N’attendez pas trop de la fin du monde - de Radu Jude - Critique

     Angela est assez exécrable et j'ai eu bien du mal à entrer en empathie avec elle, ce malgré tous les messages très appuyés qui nous expliquent à quel point sa vie est compliquée et son travail fatigant.

     C'est encore pire dans les séquences (elles aussi répétitives) où elle se filme pour les réseaux sociaux en utilisant un filtre affreux. Je suis passé complètement à côté, ça m'a paru très vulgaire et détestable. Le but était-il de me soutirer des rires, je n'en sais rien. Ces scènes m'ont simplement laissé dubitatif, dans une incompréhension totale.

     Radu Jude dénonce ici la société capitaliste mais de manière assez balourde : Angela est épuisée à l'extrême, au point de conduire dangereusement, mais était-il nécessaire de le marteler au spectateur durant 2h40 ? D'accord, le réalisateur a souhaité nous faire ressentir ce que vit la jeune femme : sa vie est désagréable et répétitive. Mais c'est très démonstratif.

 

N’attendez pas trop de la fin du monde - de Radu Jude - Critique

     Peut-être que je ne suis simplement pas le public pour Do not expect too much from the end of the world, car le film semble avoir été très apprécié par la presse et le public. Je ne suis pas sensible, par exemple, à ces 4 minutes entièrement silencieuses où s'enchaînent des plans de tombes. Le procédé se veut plus malin qu'il ne l'est. Tout comme j'ai du mal à voir de l'intelligence derrière ces flashbacks en couleur, extraits d'un film de Lucian Bratu sorti en 1981 (Angela merge mai departe). Je comprends la comparaison, mais ça m'a semblé malvenu, au point de me sortir du film en permanence.

     Le montage n'aide en rien, car il ne m'a jamais réellement semblé pertinent. Les mêmes situations se succèdent continuellement, sans vraiment de lien entre elles : plans en voiture, vidéo au filtre vulgaire, flashback en 1981, scènes de dialogues, plans en voiture, vidéo vulgaire, etc. Tout ceci rend le film extrêmement monotone. 

 

N’attendez pas trop de la fin du monde - de Radu Jude - Critique
N’attendez pas trop de la fin du monde - de Radu Jude - Critique

    Je vais tout de même citer des points positifs, car N'attendez pas trop de la fin du monde en contient plusieurs, à commencer par Ilinca Manolache dans le rôle principal. Même si le personnage est insupportable, l'actrice l'incarne à la perfection.

    Visuellement, le film est magnifique sur les parties en noir et blanc. Radu Jude utilise un niveau de grain particulièrement élevé et l'image est d'une grande qualité. La mise en scène, elle aussi, est parfois impressionnante ; le cinéaste multiplie les idées et ça grouille de cinéma. De même, lumières et cadrages sont magnifiques, ce qui m'a permis de tenir sur la longueur : on ne peut qu'admirer tous ces plans (je ne parle pas des scènes en couleurs qui sont, par contre, globalement quelconques).

 

N’attendez pas trop de la fin du monde - de Radu Jude - Critique
N’attendez pas trop de la fin du monde - de Radu Jude - Critique

     La conclusion du film est également une réussite même si ça reste, là aussi, assez trivial. La dernière séquence – le tournage de la publicité – est très longue mais cette fois-ci efficace : le cinéaste pousse sa satire à fond, montrant que même la plus dure des réalités (ici, un handicap) peut être utilisée comme propagande mensongère. L'absurdité de cette scène est aussi amusante que déprimante.

 

N’attendez pas trop de la fin du monde - de Radu Jude - Critique

     Pour résumer, Do not expect too much from the end of the world a eu du mal à me convaincre. Bien que ce fut vraisemblablement volontaire de la part de Radu Jude, le film est trop monotone et confus pour me marquer durablement. Il y a évidemment beaucoup de cinéma dans ce film, et sans doute trop (intégrer au récit ce film de 1981 n'apporte pas grand-chose).

     Me concernant, Radu Jude raconte des choses pertinentes, mais sous une forme totalement inefficace, et un peu naïve. Je remercie tout de même bulgakovenjoyer123 car le cinéma roumain est rare et que je ne me serais jamais aventuré de ce côté de mon propre chef. Je suis désolé de n'avoir pas su y voir davantage qu'un banal (et répétitif) discours anticapitaliste.

 

 

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