Voici une sélection de quatre courts-métrages qui m'ont marqué par leur originalité ou la qualité de leur mise en scène. Le premier est danois, et les trois autres français : drame intimiste, animation, fantastique, science-fiction, il y en a pour tous les goûts !
Radio Silence
Linn souhaite rompre avec son petit ami Tor, mais elle ne sait pas comment lui dire. Celui-ci, pourtant, sent bien venir la mauvaise nouvelle. En 15 minutes, la réalisatrice Kerren Lumer-Klabbers nous fait vivre une rupture désagréable, faite de non-dits et de pressentiments. Radio Silence adopte un ton très juste : les personnages sentent venir la fin de leur couple et il n'y a besoin d'aucun dialogue pour le comprendre. Les deux comédiens Sarah S. Moland et Fredik Stenberg Ditlev-Simonsen sont d'une grande justesse, on ressent la tension inexplicable qui accompagne cette fin de relation. C'est parfaitement exécuté, maîtrisé dans la mise en scène comme sur le plan émotionnel.
Les champs magnétiques
Léna a fugué de son foyer et rencontre Solal, 11 ans, au beau milieu de la forêt. Celui-ci, équipé d'un détecteur de champs magnétiques, prétend rechercher les extraterrestres qui ont enlevé sa mère.
La France a toujours autant de difficultés à développer la science-fiction sous forme de long-métrage, pourtant de nombreuses idées fourmillent dans l'univers des courts. Les champs magnétiques dure 20 minutes et s'avère totalement réussi avec un casting minimaliste : les deux jeunes acteurs Léonie Dahan-Lamort et Oscar Pauleau sont ici tout à fait crédibles (à quelques lignes de dialogue près). L'ambiance, elle aussi, est maîtrisée, avec des tons froids et des décors uniquement en extérieur. Un film qui laisse peu de place aux surprises, mais la réalisation de Romain Daudet-Jahan est travaillée.
Météores
Quatre minutes absolument magnifiques. Agnès Patron et Morgane Le Péchon nous embarquent en quelques secondes dans cet univers curieux, où les yeux des animaux brillent de mille feux. L'ensemble, aidé par la musique, est très poétique, d'autant que les couleurs, les lumières et le dessin sont tout simplement merveilleux. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler ces instants de magie, je vous laisse plutôt découvrir la beauté des images par vous-mêmes.
La Fille Oblique
Les 27 minutes de ce film de Mathilde Delaunay passent à une vitesse folle. Ce qui marque, dès les premières secondes, c'est l'atmosphère sonore et visuelle. On est immergés dans ce lieu rongé par le vent, la neige, le froid. La réalisatrice pose sa caméra où il faut, quand il faut, créant des espaces confinés et inconfortables, avec un sens de la composition parfois à couper le souffle (les affaires qui chutent depuis la fenêtre : superbe !). Comme dans de nombreux courts-métrages, il est difficile de comprendre le sens caché de La Fille Oblique : que représente cette sorcière ? cet oiseau qui ne vole pas ? Malgré tout, les idées fusent et la mise en scène est ciselée. Je vous conseille d'y jeter un œil.