On se retrouve pour douze nouveaux films méconnus, dont la popularité n'a jamais atteint de grands sommets. Tous ne sont pas des chefs d'œuvre – on en est même parfois loin – mais si vous souhaitez vous aventurer dans des zones inconnues, je vous conseille ces quelques titres.
Light of my life
(Casey Affleck - 2019)
En 2019, Casey Affleck a réalisé Light of my life, un drame intimiste et post-apocalyptique qui raconte la survie d'un homme et de sa fille dans un monde où la totalité de la population féminine a été éradiquée. Light of my life est passionnant, émouvant, tendu, et superbement mis en scène. Seul défaut : le film d'Affleck ressemble à s'y méprendre à La route de John Hillcoat (atmosphère, couleurs, personnages). On est parfois plus proche du plagiat que de l'hommage (l'une des musiques est quasi identique), mais le film n'en demeure pas moins excellent. Voir la critique complète.
The Rover
(David Michôd - 2014)
Voilà un thriller haletant qui m'avait agréablement surpris en 2014 en salles. The Rover nous plonge dans un monde à la Mad Max, sans foi ni loi, où les hommes cherchent à survivre après un effondrement mondial de l'économie. Robert Pattinson et Guy Pearce s'y affrontent de manière brutale, c'est efficace et prenant. Juste après Twilight, Pattinson trouve un rôle à l'opposé du vampire fade et scintillant : il est ici sale, en souffrance physique, enragé.
Mr Brooks
(Bruce A. Evans - 2007)
Très agréablement surpris, à l'époque, par la qualité de ce film dont j'attendais beaucoup moins. Sur le même principe que Dexter, on partage la vie, les pensées et les techniques d'un tueur en série (Kevin Costner) qui, après 2 ans sans tuer personne, rechute et commet une "erreur de débutant". Film démonté par la presse, Mr Brooks a certes quelques défauts (le personnage de Demi Moore), mais l'intrigue est recherchée et plutôt surprenante. L'intérêt principal est de voir Kevin Costner évoluer en tueur en série organisé, malin, terriblement intelligent et drôle. William Hurt incarne la deuxième personnalité du personnage principal, ce qui crée des conflits intérieurs amusants. Le duo marche parfaitement bien. Voir la critique complète (assez vieille).
Lake Placid
(Steve Miner - 2000)
Après avoir retrouvé le corps déchiqueté d'un homme à côté d'une dent préhistorique, un garde forestier, une paléontologue, un shérif et un professeur vont devoir s'allier pour trouver l'origine de cette menace sur les bords d'un lac, et l'éliminer. Lake Placid est un film de monstre d'1h18 sans aucune prétention. Si vous voulez regarder un film fun et sans prise de tête avec un casting en béton (Bill Pullman, Oliver Platt délirant, Brendan Gleeson, Bridget Fonda), alors celui-ci est fait pour vous. Critique complète.
Eat the Night
(Caroline Poggi et Jonathan Vinel - 2024)
Pablo passe ses journées à vendre sa propre drogue, mais aussi à arpenter le monde imaginaire de Darknoon, jeu vidéo dans lequel il se plonge quotidiennement avec sa sœur Apolline depuis 10 ans. Lorsque la mort du jeu est annoncée, une inquiétude nait chez Apolline. Thriller français original sur fond de jeu vidéo et de relation frère-sœur, Eat the Night m'a marqué pour certaines scènes magnifiques. Sami me l'avait conseillé l'an dernier, je vous y invite à mon tour.
Génial, mes parents divorcent !
(Patrick Braoudé - 1991)
Lorsque les parents de Julien divorcent, le jeune garçon vit très mal la situation. Très vite, dans sa classe de CM2, deux clans vont naître et s'affronter : celui des enfants de divorcés contre les autres. Génial, mes parents divorcent est une comédie efficace avec la délicieuse ambiance des années 90 (blousons en cuir, figurines en plastique qui se remontent avec une molette...). Entre musique amusante et enfants à la forte personnalité, il reste même de la place pour un peu d'émotion pour parler des tourments de ces gosses de 11 ans. Mignon, marrant, et cool.
Forever Young
(Steve Miner - 1992)
Ce n'était pas volontaire, mais il s'agit du deuxième film de Steve Miner dans cette liste. Ici, aucun rapport avec Lake Placid puisqu'il s'agit d'une romance de science-fiction certes un peu clichée, mais au scénario original. Forever Young, c'est l'histoire de Daniel McCormick, un pilote qui se fait cryogéniser en 1939 en attendant que sa fiancée sorte du coma suite à un accident. Oublié dans un entrepôt militaire, il est trouvé par hasard par deux enfants, qui le réveillent brutalement. Comprenant qu'il a passé 53 ans congelé dans un caisson, Daniel remarque quelque chose d'encore plus inquiétant : son corps vieillit beaucoup plus vite que la normale, comme s'il voulait rattraper le temps qui s'était figé.
Je n'ai pas vu le film depuis mon adolescence, mais j'en garde un excellent souvenir (malgré une fin cul-cul la praline). C'est surtout la relation créée par le duo Mel Gibson / Elijah Wood qui fonctionne à merveille.
My dinner with Andre
(Louis Malle - 1981)
Conversation passionnante entre deux hommes dans un restaurant, My dinner with Andre souffre de quelques longueurs notamment en début de film, mais lorsque les sujets sont lancés, on plonge avec intérêt dans les débats qui opposent (ou non) les deux personnages. Rien que pour son concept rare au cinéma, le film vaut le détour. Article complet.
Le poirier sauvage
(Nuri Bilge Ceylan - 2018)
Le photographe turc Nuri Bilge Ceylan est davantage connu au cinéma pour Winter Sleep, vainqueur de la Palme d'Or 2014. Personnellement, j'ai une préférence pour Le Poirier Sauvage, même s'il ne conviendra pas à tous les publics. Le réalisateur utilise son œil d'artiste pour créer des plans de toute beauté, mais plusieurs longueurs viendront à bout de certains spectateurs devant ce drame de plus de 3 heures sur la filiation père-fils.
De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites
(Paul Newman - 1972)
Film étrangement méconnu de Paul Newman, De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites n'est ni lumineux ni confortable. Il fait partie de ces œuvres naturalistes qui utilisent la froideur de l'image pour parler d'un quotidien difficile : la dépression d'une mère et son impact sur ses enfants. Un film qui marque.
Young Ones
(Jake Paltrow - 2014)
Troisième film post-apocalyptique de cette liste : cette fois, c'est l'eau qui est devenue rare, source de conflits. Dans ce climat hostile et violent, un fermier veille sur sa famille quitte à y laisser des plumes. Young Ones vaut principalement pour ses allures de western et pour le magnifique Michael Shannon, qui crève toujours autant l'écran. Il est aidé par un casting solide : entre autres Elle Fanning, Nicholas Hoult ou encore Kodi Smit-McPhee. Un film tendu en milieu aride, une réussite.
Monika
(Ingmar Bergman - 1953)
Film assez méconnu de Bergman, Monika raconte l'histoire de deux jeunes gens qui fuient leur famille pour partir vivre sur une île déserte. La mise en scène du cinéaste est toujours aussi précise et élégante, que ce soit dans les scènes d'intérieur comme d'extérieur (plages). J'ai surtout retenu des regards-caméra et plans-séquences centrés tantôt sur Harriet Andersson, actrice aux yeux captivants, tantôt sur Lars Ekborg. Un drame romantique à la fois sulfureux et moderne.
Pour davantage de pépites méconnues, vous pouvez aller faire un tour par ici :