Dans cet article, je vous propose à nouveau 12 films plutôt méconnus, voire inconnus pour certains, mais qui méritent pourtant le détour. Si vous lisez régulièrement le blog, vous y retrouverez quelques découvertes récentes, mais j'ai fait en sorte d'y ajouter des films dont j'ai très peu parlé ici.
When the wind blows (Quand souffle le vent)
Jimmy T. Murakami (1986)
Véritable chef d'œuvre, ce film d'animation britannique est totalement inconnu par chez nous (36 notes seulement sur Allociné). When the wind blows raconte l'histoire d'un couple de retraités qui vit tranquille dans un cottage, lorsque leur vie est perturbée par la menace d'une guerre nucléaire. Ils décident de suivre à la lettre toutes les recommandations qui leurs sont fournies par la radio.
Quand souffle le vent est à la fois une brise de tendresse, une tempête d'émotions et une bise glacée dans la nuque. On ne ressort pas indifférent de ce film, la dernière partie laisse le spectateur avec un léger traumatisme. A voir d'urgence. Plus de détails dans l'article complet.
Note : je suis désolé, mais j'ignore où le film peut être visionné en France en VOD, il me semble qu'aucune plateforme ne le propose (peut-être Amazon Prime avec un VPN aux USA ?). Le DVD est difficile à se procurer, j'ai chopé le mien pour 25€ et c'était une affaire...
Chaque soir à neuf heures
Jack Clayton (1967)
Chaque soir à neuf heures est un film extrêmement méconnu de Jack Clayton, dans lequel sept frères et sœurs décident de dissimuler le décès de leur mère, afin de continuer à vivre ensemble dans leur maison. Une petite curiosité quasiment en huis clos, avec une belle performance des acteurs enfants. Problème : il est, là aussi, très difficile de se procurer ce film. Je dirais même impossible par des moyens légaux. Mais s'il vous intéresse, on trouve toujours une solution...
To the bone
Marti Noxon (2017)
To the bone est, pour le moment, l'unique film de la réalisatrice Marti Noxon. Elle y met en scène Lily Collins dans le rôle d'une jeune femme souffrant d'anorexie mentale. Le film est une plongée dans l'enfer de ce symptôme, qu'il est très rare de voir abordé au cinéma. Bien que To the bone m'ait laissé assez mitigé dans sa conclusion, le sujet est magnifiquement traité, insistant sur la psychologie du personnage principal et sur sa lutte pour se reconstruire. Certaines scènes sont absolument marquantes, comme la discussion fille-mère sur le bord d'un lit. Le rôle de Keanu Reeves y est malheureusement anecdotique, mais Lily Collins est exceptionnelle.
Personal Shopper
Olivier Assayas (2016)
Maureen, travaillant comme personal shopper pour une mannequin à Paris, attend que son frère jumeau, récemment décédé, tienne sa promesse : celle de lui envoyer un signal de l'au-delà. Personal Shopper fut un véritable coup de cœur il y a quelques années. Ce thriller psychologique et fantastique français m'avait totalement conquis avec son ambiance fantomatique et sa photographie sublime. Kristen Stewart est parfaite pour ce rôle de jeune femme endeuillée, et la séquence finale me donne encore des frissons aujourd'hui.
Vivre
Akira Kurosawa (1952)
Vivre, que j'ai découvert cette année en même temps que d'autres Kurosawa, est pour le moment mon préféré du cinéaste. Ce film, relativement méconnu, raconte l'histoire d'un fonctionnaire qui vient d'apprendre qu'il lui reste peu de temps à vivre. Il va alors tenter de donner un sens à sa vie, jusque là morne et sans intérêt. C'est une véritable pépite que vous devez découvrir à tout prix. Voir l'article complet.
Sous l'aile des anges
A.J. Edwards (2014)
Vous voulez voir un film de Terrence Malick, mais vous avez déjà tout vu ? Alors foncez sur The Better Angels. Sorti il y a 10 ans dans le silence le plus total en France, ce film en noir et blanc est produit par le cinéaste, mais également réalisé par A.J. Edwards, le chef-monteur de The Tree of Life et A la Merveille.
Sous l'aile des anges a tout d'un Malick : les plans en contre-plongée, les envolées lyriques dans la nature, les interrogations divines. Si on m'avait dit que Malick lui-même avait filmé ces images, j'y aurais cru sans hésiter. Bref, un très joli film que personne ne connaît.
It's such a beautiful day
Don Hertzfeldt (2012)
En voilà une petite merveille ! It's such a beautiful day est un moyen-métrage de 1h02 en trois parties. Dans chacune d'entre elles, on suit Bill, un personnage qui a des problèmes de mémoire et des hallucinations effrayantes. Le film m'a scotché. L'ambiance est sombre et nous plonge dans une descente aux enfers : celle d'un homme que la maladie détruit petit à petit.
Comme pour le film précédent, l'influence de Terrence Malick est évidente ici, notamment parce que Hertzfeldt reprend la plupart des musiques utilisées dans The Tree of Life. Visuellement, le style est particulièrement unique. C'est un mélange de prises de vue réelles et de dessins en stop-motion. L'histoire est racontée en voix-off par le réalisateur et le montage, plutôt brillant, est assuré par Brian Hamblin. Une très belle idée, parfaitement exécutée, qui donne lieu à de belles émotions et de multiples interprétations.
Vous pouvez le visionner en bonne qualité sur Vimeo par ici (avec sous-titres anglais). Sinon, le film est visible gratuitement par là mais il est sans sous-titres et je ne garantis pas la légalité de ce lien.
La passion de Jeanne d'Arc
Carl Theodor Dreyer (1927)
Ce fut l'une de mes grandes claques de l'année. La passion de Jeanne d'Arc va fêter ses 100 ans et c'est à mon avis un incontournable. Le film, d'une grande puissance émotionnelle, retrace avec précision et exactitude le procès de Jeanne d'Arc. La musique de Richard Einhorn, composée en 1994 seulement, apporte au film une dimension encore plus forte. Le film est disponible en 4k sur Youtube. Plus de détails dans l'article complet.
The Quiet Girl
Colm Bairéad (2022)
Une pure merveille. Cáit est une petite fille qui a appris à se taire et à ne pas faire de vagues. Un jour, à l'approche de la naissance de son petit frère, ses parents l'envoient dans une ferme, pour les vacances d'été. Elle va alors apprendre à exister...
J'ai découvert The Quiet Girl il y a quelques mois et il refuse de sortir de ma tête. Visuellement, ce film irlandais a tout pour ravir les yeux : photographie à tomber par terre, paysages superbes, cadres intelligents. The Quiet Girl est un film subtil, discret, où tout passe par les non-dits. Un vrai bijou. Article complet par ici.
Kidnapping (Brake)
Gabe Torres (2012)
Brake fait partie de ces petits films qui étaient à la mode il y a une quinzaine d'années. Comme Buried ou 127 heures, Brake est un film claustrophobique : c'est l'histoire d'un membre des services secrets qui se retrouve enfermé dans le coffre d'une voiture durant un attentat. La majeure partie du film se passe dans le coffre et le film est globalement bien foutu, il réserve de belles surprises. Ce n'est pas un chef d'œuvre, certes, mais il est suffisamment méconnu pour figurer dans cette liste.
Brother's Nest
Clayton Jacobson (2017)
Film totalement inconnu (7 notes sur Allociné). Brother's Nest n'est pas le meilleur film de cette liste mais il est plutôt sympa à voir, si vous en avez l'occasion. C'est une comédie noire originale dans laquelle deux frères entrent par effraction dans la maison de leur enfance dans le but de commettre un crime familial. Il réserve de nombreuses surprises et s'avère même déstabilisant dans son humour noir. Pas inoubliable, mais inattendu.
Le sabre
Kenji Misumi (1964)
Le seul défaut de ce film japonais totalement inconnu, c'est le son. A part ce détail, le film est génial : une petite pépite dans laquelle on suit les relations entre trois membres d'un club de kendo. Je n'en dis pas plus, Le sabre a une belle ambiance et une réalisation soignée. À voir. La critique plus complète est par ici.
Ici se termine cette 9e liste sur le sujet, mais vous pouvez également consulter toutes les autres en cliquant sur ces bannières :