Poursuivons cette liste de pépites méconnues avec une douzaine de films que vous n'avez peut-être jamais vus, mais qui valent le coup d'œil. Attention, tous ne sont pas des chefs d'œuvre (certains, d'ailleurs, ne figurent même pas dans mon top 500). Simplement des films qui méritent d'être plus populaires et que je recommande si vous ne savez plus quoi regarder.
The Weather Man
(Gore Verbinski - 2005)
David Spritz (Nicolas Cage) est présentateur météo, ce qui lui vaut d'être un homme détesté. Régulièrement, des téléspectateurs mécontents lui jettent de la nourriture ou des gobelets dans la rue lorsqu'il a le malheur de se tromper dans ses prévisions. Dans sa vie personnelle, tout n'est pas rose non plus : son père (Michael Caine) est atteint d'un cancer, son mariage est un échec et sa relation avec ses enfants conflictuelle. Alors, lorsqu'il doit déménager à New York pour accepter un job plus important, il décide de mettre de l'ordre dans sa vie.
The Weather Man est une comédie dramatique extrêmement efficace que j'adore, notamment grâce à Nicolas Cage. Ici, à l'inverse de ses habituels personnages excessifs, l'acteur campe un homme vide à l'intérieur, passif, figé. The Weather Man est un film extrêmement drôle bien que parfois vulgaire (je n'oublierai jamais cette histoire de cameltoe), mais également touchant et cohérent. Je vous le conseille.
Haute Pègre
(Ernst Lubitsch - 1932)
Deux escrocs, Gaston et Lily, tombent amoureux et décident de s'associer pour voler une riche veuve. Un film drôle et pétillant, séduisant même, notamment grâce à son trio d'acteurs et son intrigue finement écrite. Un petit chef d'œuvre méconnu.
La solitude des nombres premiers
(Saverio Costanzo - 2011)
Ce film italien, adaptation d'un roman de Paolo Giordano que je n'ai pas lu, raconte l'histoire de Mattia et Alice, dont les vies sont vouées à se croiser. En presque deux heures, de l'adolescence à l'âge adulte, le film raconte la vie de ces deux êtres isolés, traitant à la fois des drames de leur enfance et des conséquences de ces drames sur leur vie. Les regards, souvent sans dialogues, nous hypnotisent, avec une mention pour Arianna Nastro qui campe son personnage à merveille, à la fois mûre et torturée. Un film sur la solitude, à l'atmosphère pesante, qui ne laisse pas indifférent.
L'intendant Sansho
(Kenji Mizoguchi - 1954)
Chef d'œuvre de l'un des maîtres du cinéma japonais, L'intendant Sansho est presque parfait. On y suit les aventures de deux enfants séparés de leur parents, puis vendus comme esclaves dans le Japon du XIe siècle. Mise en scène magnifique, situations émouvantes, c'est un classique plutôt méconnu. Critique complète.
Falcon Lake
(Charlotte Le Bon - 2022)
Si vous vous demandez ce que devient Charlotte Le Bon, la réponse est ici : l'actrice s'est essayée à la réalisation en 2022 et je ne m'attendais pas à un film aussi qualitatif. Les plans, les ambiances, les lumières sont travaillées et, même si la thématique n'est pas nouvelle (deux jeunes dans une recherche initiatique au bord d'un lac), Falcon Lake m'avait totalement conquis. Un film sensible, intime, parfois étrange.
RRR
(S.S. Ramajouli - 2022)
Le film indien a eu son petit succès du côté des cinéphiles de niche, mais je constate qu'avec ses 600 notes sur Allociné, RRR est loin d'être aussi populaire que ce que je pensais. Je l'ai découvert l'an dernier et ce cinéma m'a bluffé par son ambition démesurée. C'est un sacré gros délire dont je ne dirai rien : laissez-vous surprendre durant trois (folles) heures. Ma critique complète est par ici.
Les dieux sont tombés sur la tête
(Jamie Uys - 1980)
Une bouteille vide de Coca-Cola tombe d'un avion et atterrit dans le désert du Kalahari. Une tribu de Bushmen, isolée du monde extérieur, tente de comprendre le sens de ce signe divin. Très vite, l'objet attire toutes les convoitises et sème la discorde. Un homme est donc désigné pour aller le rendre aux dieux.
Les dieux sont tombés sur la tête, bien loin d'être un chef d'œuvre, est une comédie à l'ancienne (parfois un peu trop... certains aspects ont très mal vieilli, il faut le dire : la limite entre humour et racisme est bien floue). Malgré tout, j'ai un excellent souvenir de ce film avec son humour à la Benny Hill, une vraie curiosité venue tout droit du Botswana et de l'Afrique du Sud.
Calvary
(John Michael McDonagh - 2014)
Si vous aimez les atmosphères contemplatives, les paysages de l'Irlande, et les films de Martin McDonagh (Bons baisers de Bruges, Les Banshees d'Inisherin), alors foncez sur ce film réalisé par son frère John Michael McDonagh. On y retrouve ici des ambiances et décors proches des Banshees d'Inisherin, avec un casting en or. Brendan Gleeson (habitué à tourner pour les McDonagh) y est parfait, comme toujours, tout comme Kelly Reilly.
Le film a tout de même de nombreux défauts, comme l'écriture de certains personnages et du scénario, mais je serais ravi de le revoir ne serait-ce que pour me plonger dans ces magnifiques étendues verdoyantes. Voir la critique complète.
Les Associés
(Ridley Scott - 2003)
Quand on cite Ridley Scott, on pense à Alien, Blade Runner, Gladiator. Mais le cinéaste a également réalisé des films plus légers et moins imposants, comme Les associés. Celui-ci, je l'ai vu un nombre incalculable de fois. Nicolas Cage et Sam Rockwell interprètent deux professionnels de l'arnaque, Roy et Franck. Roy (Nicolas Cage) est un homme agoraphobe et parcouru de tics et de tocs qui lui rendent la vie impossible. Lorsque sa fille de 14 ans, qu'il n'a jamais connue, débarque dans sa vie, c'est un choc.
Les associés est génial et je vous le conseille les yeux fermés. Nicolas Cage porte le film sur ses épaules dans l'un de ses meilleurs rôles. L'acteur est hilarant, fou, délicieux. Rien que pour sa performance et pour les moments d'humour qu'il nous offre ("have you ever been dragged to the sidewalk and beaten till you... PISSED BLOOD ?!"), Les associés mérite davantage de popularité.
Glengarry Glen Ross
(James Foley - 1992)
Pépite méconnue malgré son casting hors normes, Glengarry est un incontournable du huis clos sombre aux dialogues parfaitement écrits. Des noms comme Al Pacino, Kevin Spacey, Alec Baldwin, Ed Harris, Alan Arkin ou encore Jack Lemmon se succèdent dans ce film aux personnages et situations complexes. Un film à voir !
I Origins
(Mike Cahill - 2014)
S'il ne fallait en retenir qu'un dans cette liste, je choisirais celui-ci. I Origins est une merveille méconnue signée Mike Cahill (également à l'origine de Another Earth). Michael Pitt (Ian) et Brit Marling (Karen) y interprètent deux scientifiques qui font des recherches sur l'œil humain. En établissant une base mondiale répertoriant des iris, Ian va faire une découverte fascinante...
I Origins est sublime, tant sur le thème qu'il traite que sur les ambiances visuelles ou sonores. Typiquement le genre de cinéma que j'adore et que je recherche.
La proie d'une ombre
(David Bruckner - 2021)
Cinq années sont passées depuis la sortie de La proie d'une ombre au cinéma, je peux donc désormais dire officiellement que le film est méconnu. 5 ans sans revoir ce film, et pourtant, l'empreinte qu'il m'a laissé est demeurée intacte. J'ai ressenti des choses fortes devant ce film d'horreur à l'atmosphère sombre et angoissante. Tout fonctionne à merveille : une mise en scène soignée avec des transitions travaillées et d'intelligents jeux de perspectives et d'ombres, quelques jumpscares dont mon cœur se souvient encore, une vision du fantôme plutôt inhabituelle (la scène de la salle de bains, sublime !), un dénouement aussi étrange qu'efficace, avec des visuels et des sons qui m'ont marqué. Et puis Rebecca Hall, évidemment. Voir ma critique complète.
Pour davantage de pépites méconnues, vous pouvez aller faire un tour par ici :