Film de zombies sud-coréen sorti en 2016, Dernier train pour Busan s'inspire de plusieurs aînés pour fournir au spectateur un cocktail parfois fun, parfois horrifique. Même si quelques incohérences plombent parfois le récit ou le rythme, je n'ai pas vu le temps passer. Dernier train pour Busan est divertissant, bien chorégraphié et même émouvant. Que demander de plus ?
Regarder Dernier train pour Busan, en effet, c'est l'assurance de mater un bon film de zombies à l'ancienne. Tout est fait pour que le spectateur ne soit pas dépaysé : la contamination par morsure, les yeux blancs, la peau en décomposition, les corps qui prennent des positions improbables, on a affaire au zombie que tout le monde connaît depuis des décennies au cinéma, que ce soit chez Romero pour le comportement des survivants, ou Danny Boyle pour celui des créatures.
Ce qui est dommage, c'est que Sang-Ho Yeon oublie d'ajouter un propos fort à tout ça. Certes, la situation donne lieu à des conflits entre les humains et à des remises en question (le père qui apprend à être moins égoïste, les passagers qui manquent d'éthique ou sont confrontés à des choix difficiles, etc.) mais on est loin de la subtilité des personnages de Romero. Ici, chaque personnage est caricatural, on a le droit au patron individualiste et connard, à la femme enceinte innocente qui protège les enfants, au héros destiné à se sacrifier... Peu de surprises quant au sort des protagonistes, malheureusement.
Malgré tout, ce côté caricatural est bien le seul point faible du film, car la progression à huis clos à bord du train est tout aussi stimulante et stressante que dans le Snowpiercer de Bong Joon-ho, dont Yeon Sang-ho s'inspire probablement. Le principe est parfois un peu répétitif et truffé de petites incohérences, mais l'ensemble tient la route et s'avère extrêmement divertissant. La caméra, de son côté, se permet des mouvements autour ou au-dessus des personnages, ce qui rend l'action très lisible même dans des endroits clos ou étroits comme les toilettes et la cabine du conducteur.
Et puis, le film développe une relation père-fille qui prête à l'émotion, notamment dans les dernières minutes absolument déchirantes. Gong Yoo et Kim Soo-ahn sont particulièrement touchants dans leur dernière scène ensemble et ont même failli me faire verser une larme. Rien que pour ça, je me souviendrai du Dernier train pour Busan.
Pour conclure, je vous conseille ce film d'horreur qui, malgré ses petits défauts, est suffisamment bien foutu et tient son concept jusqu'au bout. Un excellent moment.