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À bras-le-corps - de Marie-Elsa Sgualdo - Critique

À bras-le-corps - de Marie-Elsa Sgualdo - Critique

     J'ai enfin pu voir À bras-le-corps, film pour lequel il fut assez difficile de trouver une séance. Ce premier long-métrage de Marie-Elsa Sgualdo, je l'attendais avec impatience. Tout d'abord, pour retrouver Lila Gueneau que j'avais trouvée très prometteuse dans Eat the Night en 2024. Mais également parce que le cinéma suisse est bien trop rare sur nos écrans.

    Verdict : À bras-le-corps est un récit plein de poncifs, qui ne vit pas, et qui ne raconte pas grand-chose.

 

Cet article dévoile tous les détails du film.

 

À bras-le-corps - de Marie-Elsa Sgualdo - Critique

     L'intention de départ est louable, puisqu'il s'agit ici de s'interroger sur les possibilités qui étaient données aux femmes au début du XXe siècle, en dénonçant le manque de libertés qui leur étaient offertes. Malheureusement, le film n'est qu'un étalage de clichés déjà vus 1000 fois ailleurs, et la réalisatrice n'apporte aucune patte d'autrice, ni aucune véritable vision du sujet. Avant même de voir le film, on soupire devant l'affiche : celle-ci est déchirée pour effacer la bouche du personnage de Lila Gueneau, montrant qu'elle est comme bâillonnée, réduite au silence, prisonnière.

     Qu'à cela ne tienne, il ne faut pas s'arrêter sur une simple affiche, et je me suis donc installé dans la salle. À bras-le-corps s'ouvre sur cette jeune fille de 15 ans, pure et vierge, qui a un goût pour la lecture, sait calculer 24x4 rapidement, et se fait violer sans vergogne par un homme. Puis, durant 1h40, tout y passe. Emma tombe enceinte, tente d'avorter avec un fil de fer, échoue, puis se voit refuser l'aide du médecin parce qu'elle est stupide de vouloir éliminer son bébé. Personne ne l'aide, pas même sa mère, elle-même désabusée, exclue d'une société patriarcale qui ne pardonne aucune erreur aux femmes. Alors Emma trouve un mari qui a l'air de tenir la route, mais rebelote : il ne la respecte pas, l'enferme dans une vie de femme au foyer où elle doit laver les draps, faire à manger, s'occuper du bébé toute seule. Les femmes servent et se taisent, les hommes décident et gèrent l'argent. 

 

À bras-le-corps - de Marie-Elsa Sgualdo - Critique

     L'ensemble aurait pu être passionnant s'il n'avait pas accumulé autant de clichés à la minute et, surtout, si le film avait été un tant soit peu vivant. Car côté personnages et dialogues, c'est le calme plat. Les répliques sont déclamées de manière froide et robotique. La mise en scène est plan-plan et sans idées. La photographie est grise et terne comme la plupart des films qui prennent place en temps de guerre. Les acteurs / actrices n'ont rien à jouer, car les scènes sont figées et que le propos est vide (si ce n'est : "bouh les pauvres femmes"). Bref, rien ne dépasse, c'est poli et scolaire.

    Je m'attendais à un sursaut en milieu de film, à une réelle rébellion de la part du personnage principal, comme l'indique le titre original "Silent Rebellion". Sauf qu'il ne se passe rien non plus de ce point de vue. Emma fuit effectivement en silence, pour finalement se replonger dans l'univers patriarcal sans trop se poser de questions. Le personnage ne s'émancipera jamais vraiment, puisqu'elle sort du système pour rentrer dans un autre, identique au premier. Après 1h40 à ne rien raconter de nouveau, du moins pas davantage que ce qu'on a déjà vu une multitude de fois ailleurs, À bras-le-corps assène son coup final, le cliché ultime : le regard-caméra de la jeune fille comme dernière image du film, pour que le spectateur ait l'impression de partager une connexion avec cette femme victime. Soupir, encore.

 

À bras-le-corps - de Marie-Elsa Sgualdo - Critique

     Pour conclure, À bras-le-corps n'est pas désagréable à voir, mais il ne va pas laisser une grande marque dans le cinéma. Son message assez vide et impersonnel ne bouleverse pas les codes, et aucune scène n'est particulièrement mémorable puisque le ton du film est monotone. Une sacrée déception.

 

 

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