Après un Toy Story 4 qui n'avait strictement rien à raconter, ce cinquième volet propose une bonne idée : la technologie et les écrans comme nouvelle menace pour nos jouets préférés. Si cette fois, le film a un propos, on commence doucement à se lasser de cette bande qui peine à se renouveler.
Toy Story 5 est une autre preuve que cette saga aurait dû se finir en trilogie, car celle-ci était parfaite. Aussi sympathique soit cet épisode, on aurait franchement pu s'en passer.
Pour commencer, le message du film est lourdingue. Les jouets en bois, dépités, observent tristement les fenêtres des maisons : chaque fenêtre montre une lumière bleue, qui provient d'un enfant devant un écran. Même si l'intention est louable, il n'y a pas de quoi fouetter un chat et l'ensemble du scénario réserve très peu de surprises. On s'attend à ce que Bonnie sombre à son tour, puis se transforme en enfant zombie et malheureuse. On s'attend à ce que nos chers jouets la sauvent de ce monde et lui réapprennent à jouer "pour de vrai". Même la participation positive de la tablette pour arranger les choses n'est pas une surprise : il faut rester consensuel... Les écrans, c'est mal, mais bon, c'est utile ! Merci pour l'info.
Le principal souci de Toy Story 5, c'est que ces vieux jouets n'ont plus rien à offrir aux spectateurs. A travers les quatre précédents volets (+ le film Buzz L'éclair), on a vu en long, en large et en travers toute l'histoire de Woody, de Buzz, et de leurs acolytes. Rex, Zig-Zag, Bayonne et les Patates ont à peine trois répliques tant ils n'ont aucun intérêt. D'ailleurs, ils sont littéralement mis dans un carton et n'en sortent pas durant tout le film. Ils sont devenus encombrants.
Quand à Woody et Buzz, leurs chamailleries n'amusent plus, elles lassent. D'ailleurs, mes filles et moi-même (qui sommes pourtant le public-cible) avons peu ri durant la séance... Un soufflement du nez, par-ci par-là, parce que la ribambelle de Buzz qui se déplacent en troupe est marrante, mais ça ne va pas plus loin.
Que faire alors, lorsque tous les personnages principaux sont déjà usés jusqu'à la corde ? Et bien, il restait encore un petit créneau du côté de Jessie et de Pile-Poil mais, là encore, on s'en fiche un peu. L'histoire autour d'Emily avait déjà été traitée dans Toy Story 2 et on n'a rien de neuf à se mettre sous la dent ici. Si encore la cow-girl avait retrouvé sa première grande copine, on aurait pu sauver les meubles avec de belles scènes d'émotion et de larmes, mais le film n'explore même pas cette voie.
Que reste-t-il de cette saga ? La nostalgie, certes. La joie de retrouver ces personnages qu'on suit depuis si longtemps et qui sont immortels par définition. Malheureusement, le monde évolue, mais eux ne bougent pas. Les revoir est donc agréable sur le moment, mais tout est répétitif volet après volet, et ces jouets finissent par devenir comme ces potes du collège auxquels on aime bien repenser parce qu'on a vécu de bons moments avec eux, mais avec qui on ne prend plus plaisir à traîner parce qu'ils nous racontent les mêmes choses en boucle.
Bref, Toy Story 5 est très sympa, on ne va pas non plus cracher sur la qualité de l'animation et des doublages, mais il est peut-être temps que ça prenne fin.