Steven Spielberg revient avec une histoire d'extraterrestres et j'ai cru que Disclosure Day serait intéressant dans son approche du sujet. Malheureusement, le film déçoit car il est peu crédible et que ça manque d'idées originales...
Deux personnes se retrouvent liées par un message à délivrer au monde : la preuve de la venue des extraterrestres sur Terre, que l'agence Wardex tente de cacher depuis des décennies. Ce pitch est intrigant, d'autant que le sujet des aliens a toujours réussi à Steven Spielberg. Que ce soit Rencontres du troisième type, E.T., ou encore La guerre des mondes, le cinéaste accouche à chaque fois d'un petit chef d'œuvre lorsqu'il aborde son thème de prédilection.
Disclosure Day est donc l'exception qui vient briser cette règle : le film ne tient que par la superbe mise en scène de son auteur. De ce côté, rien à dire : Spielberg ne perd toujours pas la main à l'approche de ses 80 ans ; une telle utilisation de la caméra est un ravissement sur grand écran (le plan retourné pour se mettre face à l'ordinateur, par exemple, est très original).
La lumière, également, est souvent sublime, même si elle m'a dérangé à de multiples reprises. Lorsqu'elle est en arrière-plan, passant derrière des rideaux ou à l'extérieur d'un endroit clos, tout va bien, mais elle vient parfois, sans trop de raisons, nous éblouir au beau milieu de scènes de dialogues importantes. Trop souvent, les visages des personnages sont difficiles à cerner car la lumière est trop présente à l'écran, et Spielberg y ajoute des lens flares à gogo. J'ai cru me retrouver devant un film de J.J. Abrams.
Pour poursuivre sur l'aspect visuel, les effets spéciaux sont souvent dégueulasses, notamment sur les animaux. Que ce soit la scène de l'oiseau rouge, ou encore celle des cerfs, renards et même des aliens eux-mêmes, aucune n'est crédible une seconde et ça m'a sorti de l'intrigue régulièrement. En 2026, on n'est toujours pas capables de recréer des animaux proprement en images de synthèse et Disclosure Day va très mal vieillir de ce point de vue. C'est un comble pour un film qui base tout son propos sur la véracité des images.
Niveau crédibilité, d'ailleurs, les effets visuels ne sont pas les seuls fautifs. Le scénario de David Koepp (pourtant à l'origine de Jurassic Park et La guerre des mondes) sent le réchauffé et j'ai été absolument déconcerté par l'évolution des événements du film. Moi qui m'attendais à quelque chose de moderne et de nouveau, je suis tombé de haut lorsque j'ai compris que Disclosure Day s'appuyait en fait sur des vieilles histoires telles que Roswell pour justifier la présence des extraterrestres sur Terre. Le climax du film en est presque ridicule tant il est confondant de naïveté et de clichés, avec des images d'archives peu réalistes.
Si Disclosure Day avait proposé une théorie totalement nouvelle et extraordinaire, ça aurait eu plus de gueule, mais le film tombe ici dans la facilité et utilisant des mythes populaires et usés, c'est banal et décevant. Je n'avais pas rêvé de ça en achetant mon ticket. Qui plus est, même si je louais plus haut la qualité de la mise en scène, Spielberg nous ressort tout de même des idées déjà vues ailleurs dans sa filmographie, comme la caméra qui tourne dans la voiture à la manière de La guerre des mondes (mais sans jamais atteindre la virtuosité du film de 2005), la rencontre extraterrestre inspirée de E.T. et Rencontres du troisième type (mais sans la puissance émotionnelle du premier ni l'intelligence du second), ou encore de vieux tics de réalisation comme le fameux plan du rétroviseur... Bref : rien de bien neuf dans le cinéma spielbergien.
Les seules idées un peu nouvelles – par l'intermédiaire du personnage de Colin Firth – sont assez difficiles à cerner d'autant qu'elles sont à peine expliquées (d'où viennent vraiment ces télécommandes ? Comment marchent-elles ? Pourquoi y en a-t-il trois ?). Ces scènes donnent une ambiance à la Minority Report mais, là encore, ne parviennent pas à égaler la référence. L'idée que Scanlon puisse contrôler n'importe qui par la pensée provoque d'ailleurs de sacrées incohérences scénaristiques.
Je conclurai cette critique avec un point positif. J'ai bien aimé la séquence dans la maison, c'était un joli moment dans lequel réside toute l'âme du cinéma de Spielberg : le retour en enfance. Si on oublie le fait que le casting ne soit pas capable de transmettre la moindre émotion – Emily Blunt comme Josh O'Connor sont insipides –, on a au moins la musique de John Williams (94 ans !) pour sauver les meubles.
Bref, le film fut tout de même très plaisant à regarder, car ça reste du Spielberg et que l'émerveillement est toujours présent quelque part, mais le film est clairement oubliable dans sa filmographie.
Ce film s'ajoute à mon top Spielberg :