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Le vertige - de Quentin Dupieux - Critique

Le vertige - de Quentin Dupieux - Critique

     Il serait peut-être pas mal que Quentin Dupieux s'octroie une petite pause : il n'est pas obligatoire que chaque idée qui lui traverse l'esprit fasse l'objet d'un long-métrage... Si le concept de départ m'amusait beaucoup, notamment la bande-annonce totalement loufoque, il faut regarder la vérité en face : on frise le foutage de gueule.

 

Le vertige - de Quentin Dupieux - Critique

     J'aime le style à l'ancienne des vieux jeux vidéos et Dupieux s'amuse avec son concept visuel extrêmement audacieux. En voyant Le vertige, j'ai eu l'impression de me plonger 25 ans en arrière, à l'époque où je jouais à des jeux Infogrames de type Timegate : le Secret du Templier. Visages et formes cubiques, bugs en tous genres dans les textures, Le vertige possède un visuel unique dans l'histoire du cinéma. Il n'y a guère que Quentin Dupieux qui puisse trouver des diffuseurs pour un truc pareil.

 

Le vertige - de Quentin Dupieux - Critique

     Le délire, au départ, est très amusant, mais le principe s'essouffle vite. Le principal problème, comme parfois avec Dupieux, c'est que les idées manquent pour en faire quelque chose de consistant. Une fois la thématique intégrée par le spectateur, il finit par s'emmerder sec, car le film ne propose pas grand-chose de bien passionnant. Le sujet de l'intrigue (la simulation) aurait pu laisser place à des situations de plus en plus absurdes, mais ce n'est pas vraiment le cas : j'ai très peu ri. En fait, je n'ai même pas ri, je crois. Des sourires polis, tout au plus, uniquement parce qu'Alain Chabat, Jonathan Cohen et Anaïs Demoustier sont vocalement très sympathiques.

     La conclusion, quant à elle, n'a ni queue ni tête. Même si on est habitués à ce phénomène avec Quentin Dupieux, et que ça tient parfois du génie, ça ressemble davantage ici à de la flemme intellectuelle... En sortant de la salle, au bout d'1h10, on n'en garde finalement pas grand-chose, sinon l'impression d'avoir perdu son temps.

    C'est original, d'accord. C'est même fou, de voir un film pareil au cinéma, et rien que pour ça, il y a une part de génial. Mais quitte à être original, autant délivrer un scénario abouti qui donne à réfléchir. Les reflets dans les miroirs auraient pu donner lieu à des situations très drôles ou décalées, comme Dupieux sait les faire. Mais encore une fois, il nous ressort son éternel couplet de la fausse réalité, du rapport entre le cinéma et le réel, entre les personnages et le spectateur, et ça devient répétitif. J'aime l'absurde et le non-cinéma, mais je préférais l'époque où le cinéma de Dupieux était plus rare.

 

 

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