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A Ghost Story - 8 ans plus tard

A Ghost Story - 8 ans plus tard

     En 2018, David Lowery m'a marqué avec sa vision du fantôme. Je ne l'avais jamais revu avant aujourd'hui, et le verdict est étrange : bien que A Ghost Story restera probablement dans mon top 100, je n'ai pas retrouvé pleinement toutes les sensations de la première fois.

 

A Ghost Story - 8 ans plus tard
A Ghost Story - 8 ans plus tard

     Le film, pourtant, est toujours aussi passionnant et original, notamment au niveau du rythme. Il est facile de concevoir que des spectateurs soient restés sur le carreau car Lowery raconte cette histoire en poussant le curseur de la contemplation. Parfois trop loin. Me concernant, ce n'est pas un problème : je pourrais admirer cette forme fantomatique se déplacer en silence durant des heures. Les couleurs, les tons, les atmosphères sont conformes à ce que j'aime voir au cinéma. A Ghost Story est un film qui doit se passer de dialogues au maximum, car ils seraient superflus. 

 

A Ghost Story - 8 ans plus tard

     Malgré tout, David Lowery fait quelques erreurs à côté desquelles je ne suis pas passé cette fois-ci. La scène de la tarte, par exemple, est réellement trop longue. Bien que j'en comprenne l'idée, on a vraiment le sentiment d'un cinéma qui se regarde le nombril, et c'en est presque gênant. C'est d'ailleurs le cas à d'autres moments dans le film (notamment la première demi-heure), où le réalisateur s'éternise sur des plans fixes qui n'ont pas forcément de portée émotionnelle, ni de message caché. Comme s'il cherchait un moyen d'atteindre les 90 minutes règlementaires. 

    La scène qui m'a le plus dérangé est celle lors de laquelle un type lambda récite un long monologue de plusieurs minutes lors d'une fête, captivant son audience par des discours fatalistes sur le sens de la vie. C'est verbeux et pompeux et ça n'a pas tellement d'intérêt dans cette histoire. 

 

A Ghost Story - 8 ans plus tard
A Ghost Story - 8 ans plus tard

     Si on oublie ces écueils, malgré tout, A Ghost Story est une pure merveille lorsqu'il traite du temps qui passe, de la douleur liée au deuil, de la mémoire, de la nostalgie. Le concept est fort, puisque David Lowery explore le deuil du côté des vivants, mais aussi du côté des morts.

     La musique de Daniel Hart est un bijou qui sait s'effacer aux bons moments, pour mieux éclater lorsque l'émotion atteint son paroxysme. Le format de l'image, presque carré, permet d'enfermer le personnage de Rooney Mara dans son deuil, le fantôme dans cette maison, et le couple dans ses difficultés. 

     L'idée du papier dans le mur est bouleversante et vient conclure le film de la plus belle des manières : dans le mystère, la subtilité et la peine. Rien que pour ça, A Ghost Story restera l'un de mes chouchous probablement pour toujours...

 

 

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