Terminons cette semaine de rewatchs avec Mr Nobody, vu deux fois en 2011 et jamais retenté depuis, il me semble. Le film de Jaco van Dormael est un joli labyrinthe de vies parallèles qui n'a pas pris une ride. Si vous aimez les histoires de destins croisés, vous trouverez sans doute votre bonheur dans cette romance dramatique de science-fiction.
En 2092, Nemo Nobody va bientôt fêter ses 118 ans. Sur Terre, il sera le dernier homme à mourir de vieillesse car l'être humain a percé le secret de la quasi-immortalité. Lorsqu'un journaliste vient l'interviewer sur sa vie, le vieil homme lui raconte une histoire insensée : c'est comme s'il avait vécu 100 vies différentes en même temps.
Mr Nobody, c'est avant tout une expérience visuelle. J'ai adoré retrouver toutes ces sublimes transitions entre les époques et les réalités, tout ceci m'avait un peu manqué. Le film de Jaco Van Dormael regorge d'idées toutes plus inventives les unes que les autres : personnages qui avancent à reculons ou qui voyagent d'un décor à l'autre, match cuts astucieux, transitions sonores, passage de la caméra à travers les miroirs, tout y passe. On note également de nombreuses transitions par l'eau, qui est un élément central du film : une goutte de pluie qui chute sur une feuille de papier pratiquement à la première personne, un plongeon dans une piscine, une voiture qui tombe dans un lac, un personnage qui se noie puis se réveille dans une baignoire, on ne sait parfois plus où donner de la tête tant le film nous perd dans les réalités, les rêves, les possibilités.
Du côté de la romance, là aussi Mr Nobody fait parfaitement le job, bien aidé par la musique qui rend la relation Nemo / Anna encore plus douce. Dès le début, il n'y a pas vraiment de doute : de Jeanne, Elisa ou Anna, c'est évidemment la dernière qui hantera Nemo dans toutes les dimensions et toutes les temporalités. Les scènes d'amour sont pleines de douceur, les personnages se quittent et se retrouvent au gré de l'effet papillon, c'est magnifique.
Le casting est absolument parfait chez tous les personnages. J'aime particulièrement Diane Kruger, Sarah Polley, Jared Leto, Rhys Ifans, mais même les plus jeunes offrent de superbes scènes, comme Juno Temple et Toby Regbo qui nous hypnotisent avec leurs regards.
Mr Nobody est à la fois joyeux, mélancolique, doux comme un bonbon. Son seul défaut est peut-être sa longueur, car ses 2h30 s'éternisent et que les 20 dernières minutes auraient mérité d'être plus expéditives. De manière générale, les interludes pseudo-scientifiques pour nous expliquer tous les concepts auraient pu être évités, mais on pardonne car les idées visuelles sont, encore une fois, toujours au rendez-vous.
Tout ceci, ce n'est que pour chipoter, car le scénario est intelligent et amusant, jusqu'à une conclusion totalement logique.
Ravi, donc, d'avoir revu ce Mr Nobody qui m'avait laissé une sacrée empreinte sur la rétine. Un film rafraîchissant, qui nous laisse avec le sourire. Il faudra que je songe à le revoir de temps en temps.