Trois jolies surprises et une grande déception, voilà le programme de cet article, qui ne comporte aucun coup de cœur même si ce n'est pas passé loin.
Dear Zoe (2022)
de Gren Wells
En plein deuil de sa petite sœur, Tess se réfugie chez son père pour fuir l'atmosphère qui règne chez elle, et se lie d'amitié avec le voisin de celui-ci. Dear Zoe est un drame romantique globalement destiné aux ados, mais il s'avère très mignon et touchant à découvrir. Je l'ai regardé principalement pour Sadie Sink qui m'avait bouleversé dans The Whale et dont j'avais envie de creuser la filmographie. La jeune actrice est de nouveau épatante, même si elle est loin d'approcher sa performance déchirante dans le film d'Aronofsky.
Malgré le ton naïf et édulcoré du film, Dear Zoe est plutôt amusant et se laisse regarder sans problème. C'est comme un bonbon : on est loin de la grande gastronomie raffinée, mais c'est sucré et agréable. Ce n'est pas, non plus, le récit du siècle – on sait comment tout va se terminer – mais il contient quelques scènes intéressantes notamment dans la relation père/fille ou mère/fille.
Bref, je ne vous le conseille pas spécialement et je vais vite l'oublier, mais c'était sympa et charmant.
Vincent doit mourir (2023)
de Stephan Castang
Vous pouvez découvrir Vincent doit mourir en ce moment sur Arte.tv, profitez-en car ce film de genre est une sacrée expérience ! Karim Leklou interprète un homme qui, du jour au lendemain, se fait attaquer sans raison par les gens qui l'entourent. Petit à petit, il doit s'isoler devant le déchaînement de violence de plus en plus important.
Ce thriller fantastique franco-belge tient son concept du début à la fin avec d'excellentes idées, bien qu'elles soient parfois un peu faciles. Par exemple, le fait que Vincent tombe par hasard sur un SDF qui cerne exactement sa situation, c'est gros. Mais si on parvient à pardonner les quelques facilités, alors Vincent doit mourir est suffisamment original pour tenir en haleine jusqu'à la fin. Karim Leklou est parfait dans ce rôle sombre, mais j'ai surtout découvert l'actrice Vimala Pons qui m'a bluffé de sa première à sa dernière apparition. Son jeu très naturel m'a déconcerté.
Jessie (2017)
de Mike Flanagan
Un couple se rend dans une maison de vacances isolée pour se retrouver. Lorsque Jessie accepte d'être menottée au lit pour satisfaire le fantasme de son mari, celui-ci meurt d'une crise cardiaque devant elle. Incapable de se libérer, elle doit tout mettre en œuvre pour survivre...
Gerald's Game m'intéressait pour deux raisons. Premièrement, j'ai une tendance à apprécier les adaptations de Stephen King au cinéma. Deuxièmement, le nom de Mike Flanagan à la réalisation est très alléchant. Outre son autre adaptation de King (Doctor Sleep en 2019), ce mec est surtout à l'origine de The Haunting of Hill House, qui m'a hanté pendant plusieurs mois lorsque je l'ai découvert.
Jessie, lui aussi, fut quasiment un coup de cœur. D'ailleurs, s'il n'y avait eu cette fin mal gérée, il aurait probablement rejoint les rangs de mon top 500, car j'ai adoré tout le reste. Le roman est difficile à porter à l'écran car l'essentiel du récit (dans le livre) se construit via les pensées de Jessie. Le cinéaste parvient, en prenant plusieurs libertés, à rendre cette intrigue vivante à l'image. En jouant avec les hallucinations, les cauchemars et les souvenirs de Jessie, on se retrouve face à un huis clos intérieur mené de main de maître, souvent passionnant ou stressant. Tous les flashbacks ayant rapport à l'éclipse m'ont tétanisé, d'autant que ce phénomène implique une atmosphère et des couleurs bien particulières, qui permettent à Mike Flanagan de nous plonger dans une sorte d'enfer.
Tout le casting est brillant, à commencer par Carla Gugino bien sûr, mais ce sont les hommes qui filent les plus grands frissons, dans des registres bien différents. Henry Thomas, présent dans la plupart des projets de Flanagan, est terriblement flippant dans la peau du père de Jessie. Bruce Greenwood l'est, lui aussi : certains regards-caméra m'ont refroidi bien comme il faut.
Le dénouement, malheureusement, n'est pas à la hauteur. J'ignore comment cette révélation est gérée du côté du roman (que je n'ai pas encore lu), mais elle tombe ici comme un cheveu sur la soupe. C'est très vite expédié, comme si Flanagan ne savait pas vraiment quoi faire de cette information. Le Moonlight Man, en effet, n'est pas le sujet principal de son film, ce qui rend la conclusion assez étrange. En décalage avec le reste.
M'enfin, Jessie reste tout de même un thriller horrifique de bonne facture, que je vous conseille si vous aimez les huis clos de ce type.
Hamnet (2025)
de Chloé Zhao
Terminons avec le film qui m'a le plus déçu de la liste, pour la simple raison que j'en attendais beaucoup trop. À force de rêver que Paul Mescal et Max Richter allaient me faire pleurer toutes les larmes de mon corps sur des images dignes de Terrence Malick, il m'est arrivé tout l'inverse : je suis resté totalement hermétique à cette histoire.
Le problème vient de moi, qui n'ai pas réussi à entrer dans le film à cause de son côté très superficiel et mystique. Hamnet est un film historique dont la trame est bien connue, et qui cherche à tout à prix à nous choper par l'émotion. Les grosses ficelles tendues par Chloé Zhao m'ont agacé pendant deux heures et les grands violons de Max Richter n'ont malheureusement pas suffi – pourtant, le compositeur me touche dans chacune de ses œuvres. J'ai souvent écouté la BO d'Hamnet ces derniers mois, et je la trouve magnifique. Mais devant les images, rien. Même en ramenant On The Nature of Daylight, ça ne change rien et ça m'a même dérangé : utiliser ce titre, c'est extrêmement facile.
De même, tout le monde aura beau vanter les talents de Jessie Buckley, jusqu'à l'obtention d'un Oscar, j'ai trouvé son interprétation très exagérée, amplifiée par des gros plans racoleurs pour qu'on voie bien Agnes hurler à la mort pendant la moitié du film. Mouais. Tant mieux si ça a déchiré le coeur du public, mais ce n'est pas mon truc.