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Les films de l'enfance #21 - Chair de poule : les livres, la série, le film

Les films de l'enfance #21 - Chair de poule : les livres, la série, le film

     Parmi les œuvres de mon enfance que je voulais partager avec mes filles, Chair de poule était un incontournable. Autour de mes 8-10 ans, j'attendais chaque sortie du nouveau livre de R.L. Stine comme un événement : je n'accompagnais ma mère à Leclerc que pour savoir si le nouveau roman horrifique était enfin sorti. Et quand c'était le cas, quitte à traîner jusqu'à minuit sous ma couette, ma lecture était terminée le soir-même. Le pantin maléfique m'a traumatisé, cela va sans dire.

    J'étais un immense fan de la série littéraire et j'ai d'ailleurs gardé toute ma collection, que j'ai pu transmettre récemment à mes enfants. Ma grande de 10 ans est une lectrice avide, elle dévore chaque jour des dizaines d'histoires et sa chambre est un monument aux livres. Récemment, elle a décidé de franchir le pas et les livres que j'ai tenus dans mes mains à l'âge de 10 ans passent désormais dans les siennes. Beaucoup critiquent aujourd'hui cette série de bouquins : des récits peu originaux ou mal écrits, ça pompe dans tous les clichés, c'est bourré de références aux films d'horreur qui frisent le plagiat. Certains disent même que c'est une honte de donner ça à lire à des enfants. Pour ma part, je suis ravi que ma fille découvre le monde de l'horreur par ce biais. Ce n'est pas du Zola, certes, mais ça crée de sacrés souvenirs.

     Pour ma petite de 7 ans, lire des Chair de poule est pour l'instant un peu prématuré. Elle essaie, mais abandonne au bout de quelques pages : c'est encore un âge où on veut des images. Malgré tout, elle souhaite être nourrie de Chair de poule comme sa grande sœur, j'ai donc acheté le coffret DVD de la série TV qui faisait également partie de mes madeleines d'enfance. Quel plaisir de redécouvrir ces épisodes avec elles ! Si la série n'est pas toujours de très bonne qualité, ça nous permet de discuter sur le ridicule de certaines scènes, sur les costumes, les effets spéciaux parfois. Sur l'art de l'adaptation, aussi.

     Bref, Chair de poule plane sur la maison ces derniers mois, il ne manquait donc plus qu'une chose pour boucler la boucle : découvrir le film sorti en 2015 et réalisé par Rob Letterman. 

 

Les films de l'enfance #21 - Chair de poule : les livres, la série, le film

     Je dois dire que j'ai été agréablement surpris par cette adaptation assez méta, au principe très amusant. Un adolescent emménage dans un nouveau quartier mais la maison voisine est étrange : une fille et son père vivent ici, et ce dernier est particulièrement inquiétant. Après quelques dizaines de minutes, on découvre que les personnages évoluent dans un univers où R. L. Stine et Chair de poule sont bien connus. Le film va alors jouer avec cette mise en abyme : le voisin incarné par Jack Black n'est autre que l'auteur de la saga, et ses exemplaires de Chair de poule ne sont pas tout à fait comme les autres. Lorsqu'ils s’ouvrent, les créatures s'échappent des pages et débarquent dans le monde réel...

 

Les films de l'enfance #21 - Chair de poule : les livres, la série, le film

     Voilà une excellente idée pour réunir tous les monstres de la célèbre saga dans un seul film : zombies, loups-garous, yéti, pantins, momies, tout y passe en moins de deux heures ! L'ensemble est plutôt drôle et on prend plaisir à retrouver toutes les créatures de la série littéraire, d'autant que le concept impose un rythme rapide. L'action ne s'arrête jamais et il s'agit d'un bon divertissement honnête. Parfois malin, parfois un peu bête.

     Quelques clins d'œil amusants viennent combler les fans de la saga, comme par exemple ce caméo de R.L. Stine en fin de film, qui salue le personnage de Jack Black avec un "Bonjour, M. Stine !", auquel celui-ci répond : "Bonjour, M. Black !". Ces idées méta permettent aussi de parler aux enfants de la différence entre acteur, personnage, auteur, narrateur.

 

Les films de l'enfance #21 - Chair de poule : les livres, la série, le film

    La multiplication des références au cinéma d'horreur est plutôt sympa, même si le film accumule les clichés du genre. On avait regardé Jurassic Park quelques semaines plus tôt, et Chair de poule y fait référence très souvent. Mes filles ont également remarqué des similitudes avec Gremlins et surtout Jumanji : ces monstres, qui débarquent depuis les livres, sèment la pagaille dans la maison et la ville, tout comme les créatures qui sortent du jeu dans le film de Joe Johnston. 

 

Les films de l'enfance #21 - Chair de poule : les livres, la série, le film

     Le casting est également réussi. Jack Black avec ses mimiques de fou furieux est l'atout du film, évidemment, mais les deux jeunes s'en sortent aussi très bien. J'ai adoré retrouver Dylan Minnette (qui avait fait quelques apparitions dans Lost et a tenu un rôle intéressant dans Prisoners), tout comme Odeya Rush qui tient parfaitement son personnage. Il y a une alchimie entre les acteurs qui permet à l'humour du film de fonctionner. 

 

     Bref, Chair de poule, le film est plutôt réussi même si ce n'est évidemment pas un film que je conseillerais à tout le monde. Un bon moment à passer en famille, surtout pour les personnes qui connaissent déjà l'univers de R.L. Stine (ce que je recommande afin de ne pas passer à côté de certains clins d'œil).

 

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