Je m'attendais à bien pire de ce film d'action et j'ai été agréablement surpris, même si bien sûr il est loin d'être un chef d'oeuvre absolu. Sorti en France le lendemain des attentats du 11 septembre, Opération Espadon met en scène John Travolta, Hugh Jackman et Halle Berry dans ce thriller assez passionnant sur le terrorisme et le hackage, et il est clair qu'il est divertissant.
Il est néanmoins assez dommage que cette entrée en matière
fulgurante retombe pratiquement à plat tout de suite. On revient 4 jours en arrière et on tente alors de comprendre comment les personnages en sont arrivés là, et surtout qui ils sont. Parce que
même si on a compris que c'est Gabriel (Travolta) qui mène la danse avec sa classe et son sourire
diabolique, on ne comprend pas vraiment qui est Stanley (Hugh Jackman) ni de quel côté il se trouve.
Tout le début du film est intéressant, on nous présente quelques personnages tous aussi charismatiques les uns que les autres. Les bases de l'intrigue sont posées : on sait que Stanley, qui vient de sortir de prison, n'a plus de droit de toucher aux ordinateurs, ni d'entrer en contact avec sa fille Holly.
Avec un tel pitch, on se doute qu'un happy end obligatoire nous attend au bout des 90 minutes mais on a envie de savoir comment ça va se passer. La fin du film est relativement attendue, même le
pseudo twist final ne surprend pas tant que ça. Les indices sont quand même énormes. Si le cadavre dans la cave à vin nous fait déjà tilter une bonne demie-heure avant le dénouement, on a
également le discours de Travolta au début qui nous annonce la couleur et bien sûr tout ce thème de la magie dont Gabriel parle pendant le film, ses références à Houdini et aux illusions. Même si on s'y attend, la fin du film reste quand même
excellente.
Là où le film ne remplit pas son travail malheureusement, c'est qu'à
part pour le dénouement il n'applique absolument pas le discours du début. Travolta s'amuse à critiquer le manque de réalisme dans les
grosses productions mais Dominic Sena ne met pas toujours ce principe en pratique, tombant régulièrement dans les clichés et les
invraisemblances les plus risibles du genre. Notamment la fameuse scène de course-poursuite dans la ville qui sonne comme du vu et revu (mais bon, que serait un film d'action sans ce passage ?).
Les personnages foncent dans le tas, passent forcément au feu rouge à travers une file de voitures sans un seul accident (et ça, deux ou trois fois de suite). Et le pompon : on a même droit à la
camionnette qui se retourne et explose instantanément en percutant seulement un mur. On aurait pu pardonner cette scène clichée si nous n'avions pas été dupé au début par le discours de
Gabriel. Quoiqu'il en soit, le reste du film est vraiment plus que correct, et même parfois très bon grâce aux performances des acteurs. Travolta ne change pas beaucoup de registre après Volte/Face. Il a une certaine classe, il est
agréable de le voir apparaître et il nous fait même rire. Cependant, c'est avec ce genre de rôles qu'on comprend que Pulp Fiction est son
plus grand film. Il est assez prévisible dans sa manière de jouer. Mais bon, à part ça il est nickel. Hugh Jackman est toujours aussi bon,
parfois même émouvant et n'en fait jamais trop. Il parvient à rendre son personnage intéressant et c'est vraiment réussi. L'élément du casting qui m'a le plus bluffé est Halle Berry. J'avais des préjugés sur cette actrice à cause de Catwoman et je me rends compte que
je ne la connaissais pas du tout. Elle est vraiment bourrée de talent dans ce film, avec un sacré regard et un jeu d'actrice assez original. Elle a un rôle très important, plein de surprises,
absolument pas cliché et je ne m'attendais pas à ça.