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Quelques films en vrac #14

Quelques films en vrac #14

      Trois films visionnés récemment et dont je souhaite parler rapidement, sans m'étendre dessus trop longuement. Je vous présente cette fois-ci deux déceptions, dont une énorme, et une assez belle surprise.

 

     Swallow (Carlo Mirabella-Davis - 2019)

Quelques films en vrac #14

      Ce film m'a été conseillé récemment sur le blog et, si je l'ai franchement apprécié pendant la première partie, j'ai eu bien plus de mal à digérer la deuxième. Swallow est disponible sur Arte en ce moment ; c'est l'histoire d'une jeune femme qui se met subitement à ingurgiter des objets dangereux, de manière compulsive. J'ai été fortement intrigué dès le départ, notamment grâce à la relation de couple qui crée chez le spectateur une empathie inévitable pour le personnage principal. Austin Stowell est parfait dans le rôle du petit-ami en apparence idéal, mais un peu connard et égocentrique sur les bords. Haley Bennett est également épatante dans le rôle de cette jeune femme qui vrille subitement face à l'ennui cruel de son quotidien.

 

     Malheureusement, sans en dire trop, je n'ai pas tellement accroché à la tournure des événements ni aux tentatives d'explication du comportement d'Hunter en deuxième moitié de film. Je trouve un peu lassante cette justification permanente de la folie d'un être humain par une psychanalyse assez bas de gamme et, même si l'intention aurait pu être bonne, j'ai eu la sensation d'avoir déjà vu ça dix fois. C'est peut-être mon visionnage récent (et très marquant) de A mouthful of air, où on nous présente déjà une femme seule et dépressive face à la grossesse, qui me rend si négatif à propos de Swallow. Il est clair que le film ne tient pas la comparaison, que ce soit d'un point vue scénaristique comme émotionnel. J'irais même jusqu'à dire que là où A mouthful of air semblait criant de vérité et de justesse, Swallow ne m'a pas semblé tenir la route très longtemps. Les personnages ont un comportement cliché voire invraisemblable et je n'ai pas été sensible au caractère pseudo-gênant de cette intrigue. A vrai dire, ce film ne m'a fait ni chaud ni froid, et une semaine plus tard j'en ai quasiment déjà oublié la totalité des scènes.

 

     Inexorable (Fabrice Du Welz - 2022)

Quelques films en vrac #14

     Inexorable est un film franco-belge qui sort clairement du lot cette année. Jeanne vient de perdre son père, un éditeur célèbre, et décide d'emménager avec son mari, écrivain à succès, et sa fille dans la belle demeure familiale. Mais un jour, une jeune fille prénommée Gloria va s'immiscer dans leur vie et semer la zizanie dans le couple.

 

      Je ne peux malheureusement pas vraiment évoquer ce film dans les détails sans en révéler les tenants et aboutissants, mais je vous conseille ce petit thriller très bien ficelé et interprété. Si la tête d'affiche s'avère être Benoit Poelvoorde, je pense que la meilleure performance du film est délivrée par Mélanie Doutey, absolument géniale en bourgeoise anxieuse mais raisonnée. L'actrice est incroyable d'un bout à l'autre et j'ai cru à son personnage sans difficulté, contrairement aux autres protagonistes qui m'ont semblé un peu plus bancals. Benoit Poelvoorde est toujours efficace mais son jeu est bourré de tics et un poil exagéré. Alba Gaïa Kraghede Bellugi est à mon goût la grande faiblesse de ce casting, son personnage est terriblement convenu et semble avoir été vu mille fois. Il est difficile de croire que son personnage n'apparaisse pas louche aux yeux du couple, tant elle est étrange et hésitante. Scénaristiquement, d'ailleurs, le point de départ de cette histoire ne tient pas debout : la jeune femme est accueillie dans cette famille du jour au lendemain et avec une rapidité déconcertante. Mis à part ces incohérences dignes du cinéma français, Inexorable n'en demeure pas moins très efficace sur la durée et j'ai adoré suivre ce thriller à la Misery, jusqu'à la révélation finale plutôt bien amenée. Un bon film, donc, porté principalement par une Mélanie Doutey époustouflante.

 

     The witch (Robert Eggers - 2015)

Quelques films en vrac #14

      Là, par contre, je suis dégoûté. Ayant adoré au plus haut point The Lighthouse sorti en 2019, qui m'avait fait l'effet d'un coup de poing, je m'étais mis en tête que Robert Eggers était l'un des réalisateurs les plus fascinants de ces dernières années. Malheureusement, je me suis peut-être prononcé trop vite. Avant la sortie de The Northman prochainement, dont la bande-annonce m'a clairement donné envie, c'est avec une grande excitation que j'ai souhaité découvrir son premier film : The Witch. Je pense que c'est l'un des ascenseurs émotionnels les plus grands de ma vie de cinéphile.

 

      J'ai détesté The Witch. Tout dans ce film m'a dérangé tant il m'a paru ridicule et insupportable du début à la fin. C'est simple, alors que j'affirmais il y a quelques mois que je refusais de voir un autre film de Ari Ester (j'ai trouvé Hérédité comme Midsommar complètement vides, risibles et faussement provocateurs), j'ai eu l'impression ici de m'infliger un autre film de ce cinéaste. The Witch fut un calvaire à visionner, à tout point de vue. Premièrement, je ne supporte plus cette idée de désaturer l'image lorsque l'intrigue se passe au 17e ou 18e siècle, pour la rendre grisâtre. Je ne comprends pas cette volonté de supprimer des couleurs, comme si la vie et les paysages de cette époque étaient gris et monotones. Les personnages parlent comme s'ils lisaient un texte, ils ne sont jamais spontanés. Je ne comprends pas. En plus de tout ça, The Witch est traversé d'effets grossiers et laids qui caractérisent le cinéma d'Ari Ester et que je ne pensais pas retrouver chez Robert Eggers. La représentation de la sorcière est crétine et moche, tout comme la fin du film absolument abjecte. J'ai l'impression de voir un cinéma pour ados en manque de choc visuel, ça me débecte. On rajoute à ça des personnages plongés dans une religion excessive et, au bout d'un moment, j'ai trouvé l'accumulation de paroles chrétiennes franchement désagréable. Que c'est long et mou !

 

      Je ne vais pas en rajouter, mais j'ai vraiment vécu un supplice à regarder ce film qui ne mène à rien et ne veut strictement rien dire. Le scénario est débile, les personnages sont fades et sans intérêt (j'apprécie pourtant beaucoup Anya Taylor-Joy mais elle livre ici à mon goût l'une de ses pires performances). Le côté horrifique / suspense est à mon sens profondément raté ; le film use et abuse d'effets laids et lourdingues qui ne m'ont jamais apporté le moindre frisson. Ça n'a ni queue ni tête et je suis extrêmement déçu. Pas tellement pour le film, parce qu'avant de voir The Lighthouse, il ne m'avait jamais intrigué, mais surtout pour The Northman que j'attends maintenant avec beaucoup moins d'impatience... Pour rester dans cette époque, je préfère largement revoir The Village de Shyamalan, similaire pour l'ambiance "monstres dans la forêt" mais bien mieux scénarisé et réalisé.

 

 

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