Voici quelques films de qualité qui méritent presque tous de figurer dans mon top 500. Entre comédie loufoque sur concept de boucle temporelle, teen movie mignon et doux, ou drame déchirant, je vous les conseille tous.
Palm Springs (2020)
Palm Springs m'a été recommandé par Ed sur l'article consacré aux boucles temporelles, et il va donc rejoindre ce classement. J'attends le temps de la réflexion, mais il est possible que cette romance de Max Barbakow finisse parmi mes coups de cœur, car ce fut une jolie petite découverte. Le top 500 du blog, en effet, manque cruellement de comédies et Palm Springs est un exemple parfait de film ludique, marrant et charmant. Ici, le concept de boucle temporelle est renouvelé avec des idées plutôt novatrices.
J'ai adoré le fait qu'on ne suive pas le personnage principal dès sa première "journée". Lorsqu'on découvre Nyles, en effet, il en est déjà à des centaines d'itérations et le spectateur est jeté dans cet univers sans présentation. Cette idée permet de lancer une cadence humoristique dès les premières minutes du film et, il faut bien le dire, Palm Springs est extrêmement drôle justement parce qu'on n'a pas toutes les clés dès le départ. Le rôle de J. K. Simmons, par exemple, est très amusant. Son personnage débarque dans l'histoire tel Van Pelt dans Jumanji : enragé, le fusil à la main. Ce n'est que plus tard qu'on comprend ses motivations et qu'un autre élément du scénario s'éclaire : plusieurs personnages différents sont pris dans cette boucle temporelle.
Si Palm Springs est aussi réussi, c'est aussi grâce à un duo très charismatique. Andy Samberg ne surprend pas tellement dans un rôle qui ne change pas trop de celui qu'il avait dans Brooklyn Nine-Nine : un peu fou et sarcastique, un peu bête aussi parfois. Cristin Milioti, quant à elle, est une sacrée révélation. Elle incarne un personnage au fort caractère et le charme opère immédiatement.
Bref, sans trop en dévoiler, Palm Springs est drôle, original, et parfois même émouvant. Un excellent moment d'1h30, que je ne peux que vous conseiller.
Lady Bird (2018)
Lady Bird est le premier film de Greta Gerwig que je découvre, et quel bonbon ce fut ! Il s'agit, en apparence, d'une banale histoire adolescente, mais la réalisatrice en a fait quelque chose de doux, de rafraîchissant, de passionnant. On y retrouve du Sofia Coppola côté couleurs et ambiances, mais dans une version bien plus dynamique et joyeuse qu'un Virgin Suicides.
La force de Lady Bird ne réside pas spécialement dans son scénario, mais dans le traitement des relations entre les différents personnages. Les relations mère-fille et père-fille sont passionnantes et j'ai du mal à voir qui aurait pu mieux s'emparer de ce rôle que Saoirse Ronan. La jeune femme est convaincante à chaque instant, elle joue avec un naturel époustouflant. On suit les aventures de Christine, on traverse ses émotions avec elle. Cette actrice m'épate toujours davantage.
Greta Gerwig n'évite pas quelques clichés du teenage movie, comme l'amitié brisée au profit de la popularité, mais d'autres relations sont sacrément touchantes de manière inattendue, comme le personnage de Lucas Hedges qui est traité avec finesse dans une scène de câlin saisissante. Le film passe à une vitesse folle mais, en seulement 90 minutes, on s'attache immédiatement à Lady Bird dans son passage à la vie d'adulte.
Un film qui reste en tête pour son atmosphère et son actrice principale.
The Sea of Trees / Nos souvenirs (2015)
Lorsqu'Arthur (Matthew McConaughey) s'enfonce dans la forêt d'Aokigahara au Japon, il n'a qu'une idée en tête : mettre fin à ses jours. Au moment de passer à l'acte, il croise la route d'un homme désespéré et perdu (Ken Watanabe) et décide de l'aider à sortir de cet épais labyrinthe. Par la même occasion, il se remémore les événements qui l'ont poussé à se diriger vers la mort, notamment sa relation houleuse avec sa femme (Naomi Watts).
The Sea of Trees est une putain de merveille signée Gus van Sant. Pour moi qui pensais avoir plus ou moins fait le tour du cinéaste, Nos souvenirs (titre français) fut une petite claque inattendue. La mise en scène, d'abord, est absolument somptueuse. J'ai retrouvé cette sensibilité propre au réalisateur dans les mouvements de caméra, cette intimité avec les personnages à travers les gros plans sur les visages, sur les yeux. Cette émotion silencieuse qu'on pouvait ressentir dans Gerry au cœur des étendues désertiques. Ici aussi, les personnages sont perdus et cherchent à retrouver une raison d'être. C'est magnifique, délicat.
Durant 1h45, j'ai vibré pour cet homme dont le passé, trop douloureux, hante les jours et les nuits au point qu'il veuille en finir. Matthew McConaughey campe un personnage poignant qui attire immédiatement la sympathie. Avec son grand manteau et son regard éteint, un mystère nous intrigue : que fait-il ici ? Pourquoi souhaite-t-il mourir avec tant de conviction ? Ken Watanabe, lui aussi, est époustouflant dans un rôle plus fatigué. Quant à Naomi Watts, elle excelle encore dans la peau d'une femme qui souffre au point d'en devenir dure et violente.
Le dénouement, également, réserve des surprises qui m'ont fait écarquiller les yeux. Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas laissé prendre par un twist final, et The Sea of Trees fait ça à merveille, avec finesse et intelligence. C'était beau, c'était fort. J'ai du mal à comprendre pourquoi ce film est si méconnu : réparez cette erreur et découvrez-le !
Pile Poil (2020)
Je termine l'article avec un film qui a remporté le César du meilleur court-métrage en 2020. Pile Poil, c'est l'histoire d'Elodie, une étudiante qui doit passer une épreuve pratique d'épilation pour son CAP d'esthéticienne. Son père, Christian, est boucher et préfèrerait qu'elle l'aide davantage au magasin... Pile poil ne dure que 20 minutes et vaut principalement pour Grégory Gadebois, toujours aussi exceptionnel dans ce genre de rôles bourrus mais sensibles. Je ne vais rien spoiler, laissez-vous simplement tenter par cette histoire amusante, même si l'ensemble reste anecdotique !