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A la merveille - 9 ans plus tôt

A la merveille - 9 ans plus tôt

     Il est temps de compléter les critiques de mon top 300, car je trouve dommage d'y voir encore tant de films non critiqués. Même si j'ai 10 ans de retard, il n'est jamais trop tard pour parler de A la merveille de Terrence Malick. Je profite donc d'avoir vu récemment Love de Gaspar Noé pour parler de ce petit bijou qui m'a hanté en 2013 car, pour le coup, c'est bien ce film de Malick qui aurait pu s'appeler "Love". La bande-annonce de To the Wonder est clairement l'une de celles que j'ai le plus regardées de ma vie (avec celle de Cloud Atlas). En 2013, deux ans après avoir visionné The tree of life qui avait été pour moi une immense révélation sur le type de cinéma que j'adulais, le trailer de A la merveille m'avait ému, bouleversé même, si bien que je l'ai visionné en boucle en attendant la sortie du film. Et le film, lui, ne m'a pas déçu.

 

     Bizarrement, j'ai réalisé une critique de ce film sur Allociné en mars 2013, et je n'en avais pas parlé ici. Je trouve ça très curieux, d'autant que je pensais avoir abandonné Allociné bien avant cette date. Mais bref, étant donné que cette critique me plait toujours (ce qui est assez rare lorsque je relis mes anciens écrits), je vous la redonne telle quelle car elle traduit à merveille l'émotion qui m'a traversé lorsque j'ai découvert le film au cinéma.

 

A la merveille - 9 ans plus tôt

       Retour, donc, au 7 mars 2013...

 

      Je ne sais même pas quoi dire. Ce film est dans la parfaite lignée des précédentes œuvres de Terrence Malick et frôle la perfection. Ses films sont des objets immenses et contemplatifs qui divisent de plus en plus les spectateurs. Jamais le cinéaste n'était allé aussi loin dans l'idée d'offrir une œuvre visuelle purement expérimentale, à des années-lumières des autres types de cinéma. To the Wonder n'a pas de scénario, mais bizarrement il n'est pas nécessaire d'en exiger avec Malick : la beauté des images et la sensation de méditation visuelle que nous propose le réalisateur suffisent amplement à en faire une chose originale et subtile. Ce film est clairement le film qui creuse le plus l'immense gouffre qui sépare les spectateurs. Certains se feront platement chier, les autres savoureront et en redemanderont. Pour moi, il est clair que Terrence Malick a tout compris à ce que le cinéma peut offrir en tant qu'art. A la Merveille est une œuvre qui justifie à elle seule le fait que le cinéma soit un art, car le film est une œuvre d'art pure et dure, peut-être moins acclamée que les films plus classiques, mais incontestablement plus artistique. Bref, à mon goût le réalisateur se place ici au-dessus de tout le monde en montrant que, s'il est bien maîtrisé, le cinéma offre autant de magnifiques œuvres intemporelles que la peinture ou tout autre art.

 

A la merveille - 9 ans plus tôt
A la merveille - 9 ans plus tôt

        To The Wonder est, à mon avis, une perfection qu'il est bon de savourer tranquillement. Pas besoin de constamment expliciter les sentiments des personnages, ni d'expliciter de manière grotesque les situations qui leur arrivent : les images, silencieuses, suffisent. Les regards des acteurs, les mouvements de caméra suffisent à traduire tout ce qu'un autre film aurait fait à grand renfort de dialogues précis et appuyés. Ben Affleck est pratiquement muet pendant le film, Olga Kurylenko interprète la grâce infinie, il est juste dommage de voir si peu Rachel McAdams car sa présence aurait pu apporter encore plus au film. Bref, si on aime ça, on savoure puissamment pendant 2h, en admirant le culot incroyable de ce type qui se peut se permettre, comme ça, de se pointer et de nous sortir ce film peu conventionnel. Je trouve ça magnifique d'être emporté ainsi pendant 120 minutes par la musique et les images. Même si le film n'est pas scénaristiquement dingue (le scénario est même vide), c'est un sublime hymne à l'amour, traité de la manière la plus simple possible, la plus belle. Le propos peut sembler naïf, mais c'est cette naïveté qui fait du bien et qui paraît même nécessaire de souligner de temps en temps.

 

       Vous l'aurez compris, je suis tombé amoureux de ce film, et c'est en partie grâce à Terrence Malick que je suis tombé amoureux du cinéma en tant que vecteur d'émotions. C'est sublime.

 

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