23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 00:25

          Alors voilà, ça fait quelques semaines que j'ai commencé Breaking Bad, parce qu'en dehors du cinéma je m'intéresse de plus en plus à l'univers des séries TV. Et entre nous, je trouve extrêmement dommage qu'il n'existe pas un système permettant de suivre des séries TV sur grand écran, avec du bon son, car je suis sûr qu'on loupe de grandes choses. Si je ne regarde pas beaucoup de séries, il se trouve qu'elle me font pourtant autant d'effet que les films (voire beaucoup plus, il me suffit de repenser à la fin des séries Twin Peaks ou Six Feet Under pour ne plus m'en sortir pendant plusieurs heures).


          Comme beaucoup de gens j'imagine, je suis impressionné, mais vraiment très impressionné, par le travail et la qualité que parviennent à produire certains réalisateurs et scénaristes de séries TV. Il faut vraiment avoir du talent pour créer des personnages évoluant au fil des saisons, de plus en plus profonds, de plus en plus attachants, sans qu'on n'ait jamais l'impression d'en avoir fait le tour. C'est ce qui différencie principalement les séries des films : l'oppurtunité magique d'apprendre à découvrir une poignée de personnages pendant un laps de temps gigantesque (des dizaines d'heures). Naturellement, ces personnages commencent presque à faire partie de notre "vie" en quelques sortes. On suit leurs faits et gestes, on vit avec eux pendant le temps d'un épisode et il devient de plus en plus difficile de les lâcher, chose qu'un film a beaucoup plus de mal à produire en l'espace de 2h.


           Or, quand je regarde une série comme Six Feet Under, Dexter, The Office US ou actuellement Breaking Bad, je ne cesse d'éprouver de la fascination et de l'admiration pour les créateurs de ces oeuvres. L'art de dramatiser la vie d'un personnage, l'art de nous faire partager ses joies, ses peines, ses douleurs, est un art qui nécessite un boulot énorme, travail qui doit cependant être réalisé en très peu de temps (une saison par an, c'est titanesque je trouve). Alors parfois, ça ne marche pas, parfois c'est raté. Mais pour Breaking Bad, il se trouve que c'est une merveille. Une merveille de réalisation, de scénario, de casting, finement pensée, élaborée et ficelée. Je reparlerai de la série dans son intégralté dans un autre article, mais j'appuie sur le fait que je suis bluffé par la qualité et la cohérence de ce scénario, ainsi que par la dramatisation extrêmement réussie de chacun des personnages, même des plus pourris. Je ne parlerai dans cet article que de la saison 4 de Breaking Bad, car je viens de la finir et que j'ai encore du mal à m'en remettre.


       Attention : cet article est destiné uniquement aux personnes ayant vu la saison 4 de Breaking Bad. En contrepartie, merci de ne pas me raconter ce qu'il se passe dans la saison 5...

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               Comment est-il possible de pondre une telle merveille ? Je l'ignore, mais je suis accroc et le fait de savoir que cette série s'arrêtera à la 5e saison m'attriste et me ravit à la fois. Ca m'attriste car ça signifiera la fin de ces personnages, en quelques sortes la fin d'un univers qui me tient en haleine et en émotion depuis plusieurs semaines, et ça fait toujours mal quand ça s'arrête. Mais évidemment, ça me ravit car il est bien connu que les meilleures séries sont celles qui ont su s'arrêter à temps, et qu'il n'est jamais bon de les faire durer éternellement. Breaking Bad en 5 saisons me parait donc être une idée optimale pour mettre fin à cette histoire mouvementée qui prépare sûrement de grosses surprises et de grosses peines.


               Ca fait exactement 24 heures que j'ai fini cette saison 4, et normalement je n'aurais même pas dû la terminer ce week-end. En théorie, hier soir j'avais prévu de regarder seulement l'épisode 10 et de laisser les 3 derniers pour plus tard. Mais impatience oblige, je me suis dit à la fin de l'épisode 10 : "eh merde, je suis totalement crevé mais je vais quand même regarder le 11e puis aller me coucher". MONUMENTALE ERREUR. "Mais qu'est-ce que c'est que cette fin d'épisode de fou ??!" ; ajoutez quelques éclats de rire et de nervosité, mon corps frissonnant d'impatience et de jubilation, et vous avez un bref aperçu de mon état lorsque j'ai fini cet épisode 11. Je crois que j'ai rarement vu un cliffhanger aussi hallucinant dans une série (mis à part dans Lost), et j'adore ça. Malheureusement, je suis terriblement impatient en la matière et je suis incapable, dans cet état, de résiter plus longtemps. J'ai donc lutté contre ma fatigue pour finalement regarder les deux derniers épisodes, à la fois surexcité et bouche bée devant une telle qualité d'écriture.


               Et là... Autant dire que ce dernier épisode m'a cloué sur mon matelas tant je l'ai trouvé beau et anti-cliché. Ce dernier épisode, qui représente la confrontation finale entre Gustavo Fring et Walter White, est une pure perfection, sur le scénario comme sur la réalisation. Ce personnage intrigant et effrayant qu'est Gus est tellement bien étudié et tellement bien traité qu'on en viendrait presque à avoir plus de fascination que de haine à son encontre, surtout lorsqu'on nous balance sans prévenir des éléments de son passé douloureux. Mais où ont-ils été pêché cet acteur hors norme qu'est Giancarlo Esposito ? Et qui aurait cru que ce vieux Hector Salamanca allait avoir un rôle aussi important et décisif dans la série ? J'ai parlé plus haut de "dernier duel entre Gus et Walt", mais il s'agit plutôt dans ce dernier épisode de la confrontation finale entre Gus et Hector, qui est écrite et réalisée de façon magnifique. Cette fameuse scène, qui marque la fin de ces deux gros personnages, est l'une des plus brillantes de la série (et c'est pas peu dire) et probablement l'une des plus brillantes que j'ai pu voir dans l'univers de la série TV. J'ai toujours cette scène dans la tête et elle va certainement me hanter pendant plusieurs semaines. Plus que le choc de voir la demi-face ravagée de Gus (chose qu'on attendait quand même depuis deux saisons), c'est le dernier jeu de regards entre Hector et Gus qui m'a marqué.


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               Le regard que Hector lance à Gus est d'une telle puissance et d'une telle émotion que là aussi, ce visage me restera longtemps en tête. Il faut là encore saluer un acteur : Mark Margolis qui a donné à son personnage son caractère et sa force uniquement par l'intermédiaire de regards et de mimiques faciales. Le personnage est tour à tour détestable dans la saison 2, et poignant dans la saison 4. Ce qu'il est amusant de remarquer c'est qu'en général, pour rendre attachant un personnage de vieux salaud (cf Benjamin Linus), il faut que ce personnage soit tourmenté par un autre encore plus salaud. Or ici, Gus est le salaud de Hector, et Hector est le salaud de Gus, ce qui implique que les deux personnages sont à la fois attachants et détestables et que leur histoire commune est passionnante. La saison 4 est affreuse vis-à-vis d'Hector, qui est contraint de voir sa famille et ses proches disparaître sans qu'il ne puisse rien faire ni rien dire, cloué sur un fauteuil avec pour seul moyen d'expression une vulgaire sonnette. Difficile de s'imaginer toutes les horreurs et douleurs qui peuvent bien lui passer par la tête durant toute cette saison, mais tout ceci rend le personnage plus abordable et plus attachant, je me suis pris de pitié pour lui et l'idée est superbe. Quant à cette sonnette, est-il nécessaire de dire que je suis extrêmement admiratif de l'écriture de cette série quand on voit que cette sonnette qui a résonné dans la tête du spectateur pendant 3 saisons sera justement le coup fatal porté à l'invincible Gus ? C'est tout simplement du génie, et on ne comprendra le plan de Walt qu'au dernier moment, en même temps que Gus, et c'est ça qui est puissant et fort.


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             Mais plus que ce dernier jeu de regards, c'est même la dernière marche de Gus Fring qui m'a fait le plus frissonner. Cette scène qui précède le face à face final est une pure beauté, le genre de trucs que je raffolle de voir dans les films (et que je recherche même parfois). La dernière marche de Gus, sous la musique magnifique et très prenante de Apparat "Goodbye (Instrumental)" a tout pour devenir une scène culte, à mon goût. Ce passage est puissant et m'a cloué à mon siège de façon assez violente. On sent qu'il va se passer un truc, mais on ne sait pas quoi. Le visage de Gus, impassible, impitoyable, calme, est l'une des grandes forces de cette saison et cette force est utilisée à la perfection pendant cette scène pleine de suspense et d'intensité. Cette scène fera certainement partie de celles que je me passe très souvent en boucle, pour retrouver les émotions et sensations perçues lors du premier visonnage. Pour moi, et je le répète, c'est du génie.


 


 

 

            Bref, je crois que j'ai dit tout ce que j'avais à dire sur cette fin de saison qui m'a plus que retourné (sans oublier évidemment le coup de poing final : Walt a empoisonné Brock ? C'est une révélation qui en dit long sur le caractère et l'évolution de Walt, et c'est assez effrayant. C'en est même presque déprimant lorsqu'on fait le parallèle avec le Walt de la première saison, hasardeux et apeuré : Bryan Cranston est absolument époustouflant). Bref, même si cet article n'est pas essentiellement passionnant, il fallait que ça sorte.



 


 




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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 14:02

             Tous les épisodes de la série Ma Terminale sont enfin disponibles ! J'avais déjà fait un article sur cette série datant de 2004 ici, et précisant que les épisodes 19 à 23 étaient totalement introuvables et qu'il allait être très difficile de se les procurer. Grâce à cet article j'ai été premièrement contacté par Pauline Le Jannou, une actrice de la série qui a pris de son temps généreusement afin de me faire parvenir ces épisodes si précieux. Malheureusement, ce fut un échec car elle ne possède visiblement que la première moitié de la série, ce qui ne m'empêche pas de la remercier pour sa patience et sa gentillesse.

            En parallèle, je tiens la page fan Facebook de Ma Terminale et parmi les quelques membres présents sur cette page, nous avons la chance d'avoir quelqu'un qui, par miracle, avait enregistré ces épisodes et les a conservés sur VHS. Maxime F. doit être remercié car, malgré son emploi du temps chargé, il prend du temps pour transférer ces vidéos sur ordi, puis sur Youtube. Ainsi, il a mis en ligne récemment l'épisode 19 de la série qui semblait, avec les épisodes 20, 21, 22 et 23, être tombé aux oubliettes. Je vais donc vous mettre les vidéos dans cet article, tout le mérite revenant évidemment à Maxime F. qui va faire plaisir à un grand nombre de gens sur la toile (il a acheté 60€ de matériel rien que pour transférer ces 5 épisodes sur Youtube).

 

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                Voici donc les épisodes manquants de Ma Terminale, ainsi que tous les épisodes de 1 à 18 (là encore, un merci énorme à Maxime qui a tout uploadé sur Youtube (pseudo : silvermax711) !).

Episode 1 : http://www.youtube.com/watch?v=G6XoRGGO1eU

Episode 2 : http://www.youtube.com/watch?v=2-eFFgBWPnw

Episode 3 : http://www.youtube.com/watch?v=K9bOoEq_cEw

Episode 4 : http://www.youtube.com/watch?v=vwsKiHfEjDg

Episode 5 : http://www.youtube.com/watch?v=4tl_0pSUZKk

Episode 6 : http://www.youtube.com/watch?v=r8ZzmyiLhwk

Episode 7 : http://www.youtube.com/watch?v=7AauEQSxd5g

Episode 8 : http://www.youtube.com/watch?v=FmggQdQg-Mg

Episode 9 : http://www.youtube.com/watch?v=WLjPqcG7Xgk

Episode 10 : http://www.youtube.com/watch?v=hgeZn75dD9k

Episode 11 : http://www.youtube.com/watch?v=dcZ8NuHRaso

Episode 12 : http://www.youtube.com/watch?v=OSZ5eqzha5M

Episode 13 : http://www.youtube.com/watch?v=bveAxzOHYa0

Episode 14 : http://www.youtube.com/watch?v=RjGbx4a0tLU

Episode 15 : http://www.youtube.com/watch?v=qVXFk5CxQSw

Episode 16 : http://www.youtube.com/watch?v=CMAUge0WZw4

Episode 17 : http://www.youtube.com/watch?v=2t1XAbCJHT8

Episode 18 : http://www.youtube.com/watch?v=jpxXnFwzXb4

                Episode 19 (épisode introuvable) :

            La rivalité entre Manu et Alex pour Lola est à son comble, ce qui ravit celle-ci. Audrey semble résolument fâchée contre Yann, mais il n'arrive pas à comprendre pourquoi...

 


 

                Episode 20 (épisode introuvable) :

 


 

                Episode 21 (épisode introuvable) :



 
 
                Episode 22 (épisode introuvable)   



 


                Episode 23 (épisode introuvable) 

 


 
Episode 24 : http://www.youtube.com/watch?v=IUaZEKK3J_4

Episode 25 : http://www.youtube.com/watch?v=_XAS30qaNfM


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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 22:07

          J'ai fini de regarder cette série absolument géniale hier. Oui je sais, j'ai regardé les 15 derniers épisodes en 4 jours, mais j'étais tellement happé par cet univers, par cette ambiance, que je ne pouvais plus m'en sortir ! On me l'avait vendu comme étant un précurseur de Lost et j'admets qu'il y a de ça, surtout au niveau du mystère entourant les séries, ce monde bien particulier qui s'égare de temps à autres dans la science-fiction. On pourrait dire que la ville de Twin Peaks correspond un peu à l'île de Lost, avec ses personnages délurés, les bizzareries qui planent. Bref, en ce moment Twin Peaks passe sur Arte, si vous avez vu le premier épisode mardi dernier je vous conseille de ne pas lâcher, ça vaut le coup d'aller jusqu'au bout, rien que pour l'agent Dale Cooper et les 25 dernières minutes de la série complètement barrées.  

 

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          Twin Peaks c'est avant tout des personnages. Dès le pilote, on nous présente une multitude de personnages, une vingtaine voire plus. Laura Palmer, tout d'abord, qui fait l'objet de toute l'intrigue de la série (ou presque). Une jeune femme retrouvée morte, emballée dans une bâche en plastique. Pour résoudre cette enquête, l'agent Dale Cooper du FBI est envoyé sur place pour épauler la police locale menée par le shérif Harry S. Truman. Et ce personnage est tout simplement génial, charismatique, extrêmement drôle. Fan de café bien noir ("That's a damn fine coffee !", aime-t-il dire avec son grand sourire), de donuts et de tartes en tous genres, il a des habitudes assez étranges, des mimiques amusantes qui font qu'on s'attache immédiatement à lui, bien plus que tous les autres. Pour ceci, Kyle Maclachan est l'élément fort du casting, l'un des seuls à ne pas surjouer et à nous faire marrer constamment. Qui plus est, ce personnage et son passé nous intriguent, d'autant que ses techniques d'enquête sont assez spéciales : il se base sur ses rêves et sur la méditation tibétaine, ce qui fait qu'il a toujours des révélations un peu bizarres au cours de la série. Les personnages féminins sont vraiment réussis, des plus attachantes comme Donna, Shelly et Norma comme des plus insupportables (Catherine est irritante au possible).


         Twin Peaks est caractérisée par un humour qui fait mouche, l'humour Lynchien que je ne pourrais pas vraiment définir, un comique de situation qui s'approche parfois de l'absurde. C'est juste savoureux et je ne sais pas combien de fois je me suis esclaffé en entendant les répliques de Cooper, Andy ou Lucy. La relation que Cooper entretient avec Annie en fin de série est tout simplement une merveille d'humour et de sensibilité. Le personnage joué par David Lynch (Gordon Cole) est hilarant, en malentendant qui passe son temps à gueuler. De même, l'apparition de David Duchovny dans le rôle de Denise est juste ultra-comique et bienvenue. Même quelques objets font rire, comme cette porte battante qui ne s'arrête jamais lors d'un épisode. Tous les personnages de cette série ont leur importance, un grand rôle à jouer. Leo Johnson est assez central et on le haïra avant d'avoir pitié pour lui (il finira littéralement traité comme un vulgaire animal et je ne pensais pas que je plaindrais ce personnage un jour). Je ne vais pas citer tous les personnages mais j'ai également adoré le personnage de Bobby Briggs et notamment la relation qu'il entretient avec son père, le major Briggs. Il y a une scène que j'affectionne tout particulièrement, quand le père raconte une de ses visions à son fils et que l'émotion est au rendez-vous.


 


 



          Twin Peaks c'est aussi une putain d'ambiance et une BO à frissons. Le style années 70/80 propre au cinéaste, avec les coiffures et les vêtements démodés, est ici dément. Le surjeu des acteurs m'avait déstabilisé au début (c'est d'ailleurs pour ça que j'avais abandonné une première fois), mais finalement on s'y fait très bien. L'ambiance de la série est au rouge, presque tout le temps. Les grands rideaux rouges ont une place importance dans la série, puisqu'on les retrouve très souvent, symbolisant le secret qui se cache. David Lynch nous plonge dans un univers décalé, très émouvant, prenant, intriguant. L'intrigue prend son temps, le cinéaste accordant judicieusement plusieurs moments de grand calme à ses personnages. La musique, mon dieu, est du pur génie aussi. Angelo Badalamenti a fait un travail de dingue. Plusieurs d'entre elles passent pendant toute la série, parfois à des moments où on ne s'y attend pas. Le thème "Audrey's Prayer" (qu'on entend lorsque les Briggs père/fils discutent au Double R) est d'une somptuosité impressionnante et débarque toujours sans prévenir, ce qui m'a plongé à chaque fois dans une atmosphère d'émotion assez intense. C'est un procédé très intelligent, de mettre une musique sans raison particulière, et je trouve que beaucoup de réalisateurs l'oublient. Egalement, on a droit à la fin de l'épisode 2x07 à des chansons de Julee Cruise qui nous font vibrer, car la puissance de la scène est magnifique. J'ai déjà écrit un article sur cette fin d'épisode qui m'a marqué.


        La suite de l'article rélève (un petit peu) la fin de la série.


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          Le scénario en lui-même est plutôt réussi, même si certaines intrigues sont un peu chiantes, comme l'histoire de la scierie ou du projet Ghostwood. Cependant, tout le reste est captivant, que ce soient les histoires d'amour comme l'intrigue policière. Les fins d'épisodes nous laissent souvent sur des cliffhangers assez bien pensés et qui donnent envie de voir la suite, ce qui fut par la suite la marque de fabrique de Lost. Même si les intrigues "banales" sont sympathiques à regarder, j'ai de loin préféré tout ce qui tourne autour de Bob et du supernaturel, bien sûr. Ces histoires de Loges Blanche et Noire, la chambre rouge avec le nain, le géant, je suis littéralement dingue de tout ça. Il est d'ailleurs dommage que David Lynch ait été limité en nombre d'épisodes car une troisième saison aurait été géniale. D'ailleurs, il a certainement laissé volontairement la série sans fin réelle, peut-être en guise de "je vous emmerde" aux personnes qui ont décidé d'arrêter sa série à l'écran. Vraiment dommage.


       Le début de la saison 2, lorsque Dale Cooper est blessé au sol et reste allongé ici un bon moment, est un pur délire d'absurdité et de révélations avec ce géant, j'adore. Toutes les scènes dans la Chambre Rouge sont impressionnantes, avec ce nain qui danse et fout les boules. Ces scènes ont été tournées à l'envers, les acteurs ayant appris à parler à l'envers. C'est pour ça que leurs mouvements paraissent si étranges, ainsi que leurs voix. Je trouve que le procédé relève du génie. C'est vraiment une idée de dingue qui donne un gros bonus à la série, c'est très dérangeant. Les 25 dernières minutes au coeur de la Black Lodge (ou quoi que ce soit) sont prenantes, complètement folles, terrifiantes et j'adore ce genre de trucs qui dépassent totalement la réalité en nous procurant des sentiments très bizarres. Et puis il est toujours aussi bon de répéter que Kyle MacLachan est un acteur vraiment dingue. J'ai hâte de voir les autres films de cet acteur qui me fascine et m'impressionne, et je commencerai d'ailleurs par Twin Peaks (le film) qui parait-il éclaircit certains passages de la série.


         Bref, j'ai dit tout ce que je voulais dire, je suis absolument fan de cette série et un peu déçu qu'elle ne contienne qu"un trentaine d'épisodes. On s'attache rapidement aux personnages mais on les quitte malheureusement trop vite.






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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 08:32

         J'avais déjà essayé Twin Peaks l'année dernière et comme je n'avais pas accroché plus que ça, je m'étais arrêté au pilote. Mais y'a quelques temps j'étais bien déterminé à me faire cette série jusqu'au bout et finalement, j'adore totalement. Je prendrai le temps de parler de cette mythique série de David Lynch quand j'aurais terminé de la regarder, là je m'attarde seulement sur une scène qui m'a un peu marqué.

 

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         David Lynch, on accroche ou pas, mais au moins ça sort de l'ordinaire et ça ne laisse pas indifférent. Il a vraiment une patte particulière qu'on reconnait rapidement, et j'adore son style même si je ne le comprends pas toujours. Dans Twin Peaks, le personnage Dale Cooper, admirablement interprété par Kyle MacLachlan, est des plus troublants, drôles et intéressants. Dans la fin de cet épisode 7 (Lonely Souls), l'agent Cooper semble avoir du mal à accepter le lourd échec qu'il vient de subir (un homme est sur le point d'être accusé du meurtre de Laura Palmer, mais il est convaincu que c'est une erreur). Cette fin, tout comme le reste de la série d'ailleurs, est accompagné d'une BO absolument géniale, vraiment belle et propre à l'univers de Lynch. Beaucoup d'émotion, on ne sait pas exactement pourquoi, mais la scène nous touche. La musique qui portait à sourire au début se tranforme pour devenir quasi sombre et déprimante, alors que Cooper a une autre apparition du géant, signe que ce n'est pas fini et qu'il reste des mystères à résoudre dans cette affaire. La caméra se pose sur les personnages importants, Donna qui pleure et James qui la réconforte, Bobby qui semble complètement déboussolé, et bien sûr Dale Cooper, le regard perdu, désarmé, et le tout forme quelque chose de beau et d'assez intense. Bref, pas déçu d'avoir recommencé cette série, d'ailleurs j'y retourne.


 


 




 

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 20:53

         Comment ? Vous n'avez jamais entendu parler de cette série ? Effectivement, Ma Terminale n'est pas connue (ou trop peu), en témoignent les téléchargeurs sur Internet qui ne parviennent même pas à s'en procurer tous les épisodes (je parlerai de ça plus bas). Ma Terminale est une fiction de Stéphane Meunier, filmée comme un documentaire sur une classe de lycée. Margot est une jeune femme de 18 ans qui prépare son bac avec l'option cinéma. Elle décide alors, pour son projet filmique, de filmer sa classe pendant une partie de l'année. Un nouvel élève, Manu, débarque en milieu d'année et sème alors la zizanie entre les étudiants. Entre le drame et l'humour, avec des personnages hyper attachants, cette série est tellement réaliste que la plupart des spectateurs se demandaient, lors de la diffusion, si les personnes filmées étaient des acteurs. Une excellente série sur la vie adolescente et le passage à l'âge adulte qui fera pleurer les plus sensibles.

 

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              J'avais suivi cette série en 2004 et elle m'avait beaucoup touché. L'originalité du principe est incroyable, pourtant celui-ci est très simple : le personnage principal est Margot, une lycéenne qui décide de filmer ses 15 camarades de classe pour son projet de bac audio-visuel. Elle veut filmer la réalité et l'authenticité des événements qui vont diviser ou rapprocher les élèves et on assiste donc à des querelles, des joies, des pleurs, des histoires d'amour et d'amitié, bref : tout ce qui peut traverser la vie d'un ado. Mais tout est filmé avec tellement de réalisme (les travail des acteurs étant basé sur l'improvisation et ça se voit) qu'on a vraiment l'impression de suivre une classe réelle. Toujours est-il que la série a été suivie à la télé par un certain nombre de personnes, mais qu'après sa diffusion elle est tombée rapidement dans l'anonymat. En 2006 j'ai voulu remettre la main sur ces 25 épisodes si géniaux et je peux vous dire que c'était impossible. Aucune sortie DVD, aucune rediffusion, seul me restait le dernier épisode de la série que j'avais enregistré sur une VHS. J'ai cherché ces épisodes pendant longtemps, et c'est finalement en février 2010 que je les ai retrouvé sur Internet. Si la série avait existé en DVD, je l'aurais achetée sans souci, mais le téléchargement est visiblement le dernier recours possible pour ceux qui veulent revoir ce bijou télévisuel. Mais un autre problème se posait alors : les épisodes 19 à 23 sont absolument impossibles à retrouver. Et malheureusement, même aujourd'hui, personne ne semble posséder ces épisodes à part les acteurs de la série eux-mêmes, et encore, pas tous. C'est vraiment dommage, mais bon, je me suis quand même regardé les 20 épisodes en ma possession (ça m'a pris 3 jours) et j'ai pris mon pied.


         On s'identifie aux personnages, ça m'a même rappellé mes propres années lycée, les délires que j'ai pu avoir et ça rend nostalgique. Petit récapitulatif des personnages (pour ceux qui s'en souviennent) :


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          Ce qui est fort avec Ma Terminale, c'est qu'on est complètement immergés dans cette salle de classe, si bien qu'on s'attache très rapidement à chacun des 16 personnages.



58689726          On a beaucoup d'humour tout d'abord, tellement que je me suis tapé quelques bonnes tranches de fou rire, notamment grâce aux personnages Yann et Bryan. Les acteurs, Alban Ivanov et James Champel, sont tellement à fond dans leurs rôles qu'ils sont franchement impressionnants. Ils m'ont fait marrer de nombreuses fois et c'était exactement le souvenir que j'avais de la série. Ces deux potes qui passent leur temps à déconner et à lancer des vannes pourries sont hilarants. James Champel a d'ailleurs joué ensuite dans Nos Années Pension, une série de KD2A avec Samuel Brafman (qui joue le rôle de Pierre dans Ma Terminale), et m'a toujours autant fait rire. Alban Ivanov se fait également remarquer dans quelques rôles, je l'ai vu dans un sketch de Jamel récemment et c'est d'ailleurs ça qui m'a poussé à revoir la série. Les autres personnages sont également attachants, sans exception et même si la plupart de leurs malheurs sont insignifiants, on s'y intéresse (on se demande presque pourquoi). Des problèmes de coeur, de jalousie, d'amitié, familiaux, scolaires. On a également un éventail de personnalités assez large, entre Edith (Alice Pol) la dépressive, Thia (Camille Boquien) l'emmerdeuse un peu immature bien qu'attachante, Mickaël (Adry Lagin) le premier de la classe pas toujours très drôle mais ambitieux, Kévin (Thomas Ancora) le lourd qui enchaîne les gaffes et les boulettes mais n'en reste pas moins symapthique, Juliette (Pauline Le Jannou) et Idir (Nadjim Ouzane) les deux gentils du groupe, Lola (Sharone Varet) celle à qui il arrive de nombreux malheurs, Margot (Laure Vencia) la camerawoman, également attachante et même poignante dans le dernier épisode. Vanessa (Mélanie Weyeneth) la légère aguicheuse qui finira par souffrir terriblement, Alexandre Coste (Clément Aubert), le mec sympa et classe qui constitue un peu la mascotte de la classe "eh oui, Coste restera Coste", Gwen (Olivia Luccioni) la bonne amie qui cache également un secret assez émouvant. Et enfin, donc, Audrey (Sandra Leclerc), Yann et Bryan qui passent leur temps à me faire marrer.



58690542         En dehors du rire, on a tout un côté dramatique et c'est là que le déroulement du scénario intervient. Pour une petite série sans aucune prétention, elle est sacrément bien construite et inattendue. La fin de la série est des plus émouvantes, il est aisé de lâcher des larmes tant ces personnages vivent un drame puissant. Le thème du passage à l'âge adulte est évident et traité ici grâce à cette tragédie. Les acteurs sont tous d'un talent exemplaire et nous touchent profondément, à commencer par Clément Allanic qui joue le rôle le plus important : Emmanuel Davin dont je n'ai pas encore parlé. Certainement le personnage le plus creusé de la série, un mec aux allures insupportables, un branleur qui passe son temps à faire chier tout le monde mais finira par nous émouvoir lorsqu'on apprendra le lourd secret qu'il détient depuis le début. La fin de la série, et notamment l'épisode 24, est très poignante à travers le message audio du personnage laissé à ses camarades, en pleurs (et voir Yann ou Bryan pleurer, ça fout une boule à la gorge !). Un grand moment d'émotion que je ne ressens que rarement. De même, la toute fin de la série avec la soirée sur la plage a un côté très nostalgique et triste qui ne laisse pas de marbre.



          Bref, si vous ne connaissez pas Ma Terminale je vous engage à l'essayer car c'est un boulot formidable de la part d'acteurs pas très connus, voire pas du tout mais qui imposent un réalisme de fou. Et si des gros fans de la série arrivent sur cet article (ça peut arriver), et qu'ils savent comment trouver les épisodes 19 à 23, je leur en serai éternellement reconnaissants.
 
 
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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 12:19

          Après avoir fait un petit classement des meilleures fins de saisons de Lost, je me rends compte qu'il est difficile pour moi de passer plus de deux mois sans parler de cette magnifique série. Alors de temps en temps, quand le coeur m'en dira, je reviendrai sur les meilleures scènes que la série nous ait offert. Pas facile d'en faire un classement étant donné que pratiquement chaque épisode de la série en contient une, donc ce sera vraiment aléatoire, en fonction de mes envies.

          Note : j'avais commencé à faire des articles sur les épisodes de la saison 6 et certains ont peut-être remarqué que je me suis arrêté au quatrième épisode. Mais ne vous inquiétez pas, je n'ai pas abandonné l'idée et je compte bien analyser cette dernière saison jusqu'au bout. C'est juste qu'en ce moment, je fais une petite pause afin de pouvoir mieux savourer cette sixième saison une deuxième fois. 

   

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          Comment parler des meilleures scènes de Lost sans citer ce magnifique épisode centré sur Locke ? Deus Ex Machina (1x19) fait incontestablement partie du top 10 des épisodes les plus poignants et réussis. D'un autre côté, presque tous ceux qui tournent autour de John Locke sont des merveilles, grâce à Terry O'Quinn qui a été pour moi une véritable révélation. Cet acteur est tout simplement immense et j'espère que Lost va lui apporter d'autres rôles, pourquoi pas au cinéma.


          La fin de Deus Ex Machina est une pure beauté émotionnelle. De l'intensité pure et dure qui arrive quasiment à la fin de la première saison et repousse les limites du mystère. Ce passage sur la trappe est très symbolique pour John Locke qui a l'impression, à ce moment, que Dieu l'a totalement laissé tomber. Il fait pitié, car on aime ce personnage qui demeurera le plus important de la série et l'un des meilleurs toutes séries TV comprises. Un personnage très travaillé, profond, qu'on n'oubliera pas de si tôt. A la fin de cet épisode, c'est la misère totale pour lui, que ce soit sur l'île comme dans les flashbacks. Alors qu'il vient de donner un rein à celui qu'il pensait aimer, John perd tout ce qui lui est cher en un coup. Il se trouve qu'Anthony Cooper, son père, l'a bien arnaqué, car il a joué sur les sentiments du pauvre homme pour guérir de sa maladie et montre à présent des signes de désintérêt total à l'égard de son fils. Ce dernier est désemparé, et la fin de l'épisode est d'une intensité tragique rarement atteinte par la suite. Extrêmement dramatique, Locke s'énerve et pleure dans sa voiture, puis le plan passe directement sur notre cher personnage, maintenant sur l'île, couché sur la trappe en pleurant, se demandant pourquoi Dieu est si injuste envers lui et pourquoi il a mérité tout ça ("I've done everything you wanted me to do, so why did you do this ?? WHY ?", probablement l'une des répliques les plus touchantes de la série). John Locke, a ce moment, est tout proche de perdre la foi. Je parle ici de "Dieu", de "foi", mais ça ne fait pas référence à la religion chrétienne. On a ici affaire à une religion propre à l'île, où le Dieu serait l'île elle-même. A ce moment, il est tellement arrivé de merdes à Locke que sa foi dans l'île commence à disparaître. Il s'acharne sur son sort, jusqu'à ce que l'île lui envoie enfin un signe, la trappe du bunker s'allumant subitement. A ce moment de la saison, on ne sait absolument pas pourquoi de la lumière jaillit de la trappe et ça s'expliquera de façon génialissime dans la saison 2, mais cette scène nous offre un sommet d'émotion qui dépasse pratiquement tout ce que j'ai pu voir jusqu'à aujourd'hui.


           Et cette scène serait sans doute 100 fois moins percutante sans la musique hallucinante de Michael Giacchino qui s'est occupé de la BO de Lost pendant les 6 saisons avec un talent de taré. Ici, la musique Locked Out Again est absolument sublime, certainement la meilleure composition musicale de la série entière et il m'arrive très souvent de me la repasser pour ressentir ce flot submergeant de frissons. Je vous laisse avec la vidéo, qui est sublime, et tout particulièrement à partir de 3:25 qui est la scène dont je parle ici.


 




         Voir aussi : Lost 6x04 - The Substitute.




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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 01:38

        Eh oui, depuis quelques temps je suis un peu devenu un accroc aux séries. Je ne croyais pas que ça m'arriverait un jour, mais quand ça commence, c'est l'enfer. J'ai ressenti ce manque depuis la fin de Lost (voire de Kaamelott que je me suis fait l'année dernière), comme un vide qui me disait "merde, tu vas regarder quoi maintenant ?". Un besoin constant de découvrir d'autres personnages, une nouvelle histoire. Je suis passé par Six Feet Under, et je ne pensais pas que j'adorerais autant ces 5 saisons que j'ai avalées assez rapidement. A peine finie, il me fallait absolument autre chose. Je dois l'avouer, je venais tout juste de quitter Michael C.Hall (David Fisher dans Six Feet Under), et le choix c'est donc fait tout naturellement : il fallait que je me lance dans l'aventure Dexter. Six semaines et demie plus tard, verdict...

Indice Spoiler : Spoiler3

 

Dexter-Morgan

 

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         Eh bien laissez-moi vous dire que nom de diou de nom de diou, cette série est une bombe ! Une chose est certaine : si vous hésitez à voir Dexter, vous faites déjà une erreur, car il ne faut pas louper ça. J'avais moi-même des à-prioris sur cette série et ils se sont envolés en 5 épisodes. En fait, j'avais vu le premier épisode quand il était sorti à la télé en 2006 et je n'avais pas du tout accroché. Etais-je trop fatigué ou n'avais-je tout simplement pas voulu aimer ? Aucune idée. Toujours est-il que je n'avais pas dû comprendre le sujet de la série et que je m'étais simplement arrêté à mon dégoût des séries policières qui fleurissent à un rythme trop important et presque commercial pour moi qui n'y suis pas adepte du tout.


dexter         Mais en réessayant, j'ai compris que Dexter va beaucoup plus loin que la simple série policière avec des multitudes de résolutions d'affaires bâclées et improbables. Dexter, c'est avant tout un personnage d'un force inépuisable qui nous intrigue, nous tient en haleine pendant tous les épisodes. Un résumé rapide pour ceux qui lisent l'article dans le seul but de découvrir : Dexter Morgan fait partie de la police de Miami, il est analyste et expert médico-légal, spécialiste du sang qui n'a plus aucun secret pour lui. Cependant, il a une deuxième face, cachée aux yeux de tous, un secret que personne ne doit découvrir : c'est un psychopathe. Mais psychopathe au sens propre du terme, c'est-à-dire qu'il ne ressent absolument rien. Il ne connait pas la peur, l'amour, bref : il n'a aucun sentiment. Cette nature lui donne une pulsion incontrôlable : le désir de tuer. Dexter est donc un tueur en série dont les meilleurs amis (et même la soeur) font partie du service de police. Si vous n'avez jamais vu cette série, je vous déconseille de lire la suite, car elle révèle certains petits détails scénaristiques (de façon floue afin de justifier que l'Indice Spoiler ne dépasse pas 2, mais quand même).


dexter-promo        On suit donc les aventures de cet homme, ses impressions, ses agissements, ses relations avec son entourage, et inévitablement ses énormes problèmes (il est évidemment très difficile de cacher un secret si lourd sans éveiller les soupçons). Je n'en dis pas plus, mais l'intrigue est terriblement bien ficellée, avec notamment énormément de tension et de suspense tout au long de la série. Certains épisodes sont tellement tendus qu'on en arrive à se crisper nous-mêmes et à prier pour qu'il ne se fasse pas démasquer. Un sentiment du spectateur assez étrange, quand on y pense. Dexter s'impose comme une série totalement amorale. Le héros est un meurtrier sanguinaire dénué de remords, et le spectateur l'adore, le comprend, s'attache à lui et n'éprouve pas la moindre haine pour lui. Tout un tas de gens qui suivent les aventures de Dexter et qui ne veulent qu'une seule chose : que leur personnage favori ne soit pas démasqué. Doté d'un sang-froid, d'une efficacité et d'une intelligence assez surprenants, Dexter Morgan est un homme qui a la faculté d'improviser très facilement et de façon ultra-crédible, ce qui fait de lui quelqu'un d'intrigant et d'intéressant que le spectateur soutient jusqu'au bout. Plutôt bizarre, terriblement amoral, mais crénom, on en redemande ! Le manque de morale dans cette série ne s'arrête pas là, il va de l'association des idées justice/meurtre à la mémoire bafouée d'un innocent que tout le monde croit abominable. La fin de cette phrase est volontairement floue pour ne pas en révéler trop, mais pour ceux qui connaissent, je parle bien évidemment de la fin de la saison 2, complètement dingue et dénuée de la moindre moralité à l'égard d'un certain personnage qui finit de façon absurde. C'est ce qui est remarquable dans Dexter et qui fait presque frissonner : de voir enfin une série qui prend le soin d'éviter les clichés moralisateurs, en faisant l'apologie d'un héros qui est loin d'en être un !


dexter 3        Bien sûr, la série ne fait pas la glorification du meurtre, car elle est constamment teintée d'humour noir, qu'on retrouve tout le temps, et ne manque pas de nous rappeler à quel point le personnage principal est dérangé. Si Dexter met légèrement mal à l'aise au début, on s'y fait très vite et l'intrigue nous captive totalement, au point de ne pas pouvoir en décrocher. Les deux premières saisons sont particulièrement réussies, très tendues et révélatrices sur le passé du personnage. On atteint de grands sommets de suspense, dignes d'un Death Note (même si ça n'arrive pas à mon goût jusqu'à l'énorme stress de cette anime, je pense que la comparaison va de soi). La troisième saison est intéressante car elle va encore plus loin et repousse les limites de la tension et du stress. Mais c'est vraiment la quatrième saison qui passionne, avec ce Trinity Killer (au passage, maintenant que j'y pense : il faut absolument voir cette série en VOST, pour des raisons que j'expliquerai plus bas) assez charismatique. Le début de la saison 5 est plutôt sympa, mais j'avoue avoir peur pour la suite. On remarque finalement que depuis la saison 2, le principe est toujours le même : Dexter se rapproche dangereusement d'une personne avec qui il devient très proche, à qui il révèle sa vraie personnalité, et il finit par sentir que ça va mal se passer. Il doit donc trouver une solution avant d'être dans la merde totale, et c'est ainsi que se conclut chaque saison, à part la saison 4 qui se termine vraiment de façon très dramatique. Bref, j'ai le sentiment que cette saison 5 prend une fois de plus ce chemin et que la série va commencer à tourner en rond. Je me trompe peut-être, et j'espère être surpris par la suite, mais j'ai également l'impression que si ce procédé est le seul qu'ont à nous proposer les scénaristes, il serait bon de fixer une date de fin de série avant que ça ne devienne trop n'importe quoi et trop répétitif. Car il va être difficile de trouver beaucoup plus d'idées cohérentes quand on voit la tournure que ça prend. Mais je ne dois pas juger trop vite, et il faut bien avouer que la série a pris un virage nouveau et rafraichissant depuis la fin de la saison 4, ce qui aura évité trop de monotonie dans cette série qui commençait tout juste à s'essouffler du point de vue de la vie sentimentale de Dexter.


dexter-Angel Batista        Bref, la série revisite plus ou moins le thème de Dr Jekyll et Mr Hyde, avec ce personnage tout gentil, discret et attentionné en plein jour et en public, mais qui devient un véritable monstre assoiffé de sang la nuit ou en privé. Cette deuxième personnalité se manifeste souvent par l'intermédiaire de la voix off, qui est présente dans chaque épisode de la série et en fait également son charme. Le générique traduit parfaitement cette double personnalité (ou disons plutôt : sa vraie personnalité, et la fausse), et je le trouve d'ailleurs sublime (voir cet article). Michael C.Hall fait un boulot monstrueux, c'est clair, et cet acteur est pour moi une véritable révélation cette année. C'est incroyable de voir de quelle façon il est passé d'un rôle à un autre totalement différent entre deux séries TV. Face à un David Fisher réservé, très émotif et au visage légèrement juvénile et imberbe, se trouve un Dexter Morgan viril, sans aucune émotion, très introverti. Un radical changement qui passe déjà par la légère barbe qui m'avait directement choquée après 5 saisons de Six Feet Under. Du talent donc, beaucoup de talent, et surtout une voix. Et c'est là que j'en reviens à la VO. Aucun prétexte n'est bon pour échapper à la voix de Michael C.Hall, pas même l'argument éculé des sous-titres. Cette voix est tout simplement hallucinante, à la fois grave et presque guturale chez Mr Hyde, mais douce et rassurante chez Dr Jekyll.

     
dexter-deb-doakes        Concernant les autres personnages, j'étais quelque peu indécis concernant la "fucking" Debra Morgan (la soeur de Dexter, jouée par Jennifer Carpenter) au début. J'avoue qu'elle m'agaçait légèrement. Cependant, cet agacement fut de courte durée car on apprend à s'y attacher vite, que ce soit son personnage très touchant comme ses expressions verbales très caractéristiques. L'actrice est excellente, simplement, et son personnage évolue constamment tout en évitant d'être trop caricatural. Je ne sais pas du tout ce qui me dérangeait chez elle au début, peut-être justement cet insistement sur son côté garçon manqué (avec la démarche assez masculine) et son lot de "fucking shit you're fucking awesome" à tout va. Mais avec le temps, on s'y fait et on se rend compte que ce n'est ni ridicule ni exagéré, et que ce langage fait partie intégrante du personnage qu'on finit par apprécier totalement. Notamment dans les moments de détresse où elle n'a comme seul réconfort que son frère, et il faut avouer qu'elle attire un certain lot de drames.


dexter-vince-masuka-picture        Deux autres forces dans cette série : Angel Batista et Vince Masuka. Le premier est plutôt cool et classe, c'est le meilleur ami de Dexter, mais pour combien de temps ? Je pense qu'il y aura un temps où Dexter finira par être démasqué, ce qui constituera la fin de la série (je ne vois pas quelle autre fin est possible, et j'espère que ça arrivera bien avant que la série ne se perde dans des scénarii trop capillotractés ou improbables. Pour l'instant, force est d'avouer qu'elle s'en sort bien). Bref, quant à Masuka il nous apporte tout simplement l'humour noir propre à la série, avec constamment des remarques très déplacées et inconvenantes, mais qui font toujours sourire. Et puis franchement, son rire vaut le détour. Pour finir, je ne vais pas énumérer tous les personnages, mais il y en a un certain nombre que je trouvais intéressants au début mais qui ont fini par me soûler lourdement (une Rita très agaçante, une Lila intrigante au départ mais qui n'apporte pas grand chose, un Miguel Prado passionnant et assez classe mais qui tourne en rond, un Frank Lundy qui m'énerve de plus en plus à force de finir ses phrases par un sourire totalement faux qui se veut classe). Seul le sergent Doakes a eu finalement l'effet inverse (comme pour Debra) ; c'est-à-dire qu'il est très énervant et absolument pas charismatique (voire insupportable), mais qu'il finit par s'avérer pas mal à la fin de la saison 2. Quant au lieutenant Laguerta, c'est un cas à part : je ne peux tout simplement pas la supporter. Cette actrice a une tête à claques qui ne me revient vraiment pas du tout, mais bon, ce n'est pas de sa faute ! Ce personnage m'exaspère mais je fais avec. Cependant, afin de conclure ce paragraphe sur une note positive, je dirais que cet ensemble de personnages parfois moyens ne m'ont jamais empêché de suivre la série avec grand intérêt et de la trouver toujours palpitante. Ca fait trois jours que je n'ai pas regardé d'épisode et je sens déjà les effets du manque.


         Bref, cette série est un pur bonheur, un vrai plaisir, un doux régal qui tient complètement en haleine grâce à un scénario en béton assez original, plusieurs personnages bienvenus même si la plupart ne durent que le temps d'une saison, et un renouvellement constant qui permet à la série de ne pas s'essouffler et de toujours repartir de plus belle au commencement de chaque saison. A ne louper sous aucun prétexte.



 

        Voir aussi : Dexter - le générique et la BO, Six Feet Under.






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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 16:18

           Ca fait un bon moment que j'ai envie de parler de ces 6 magnifiques fins de saisons. Lost a pour moi clairement révolutionné le monde de la série TV, ne serait-ce que par ses dénouements de saisons hallucinants. Caractérisées par quelques excellents retournements de situations, elles représentent surtout le mystère incarné, cette sensation qui, pendant 6 ans, aura tenu les fans en haleine. Ah, quel beau souvenir que cette torture psychologique : devoir tenir presque un an entre la fin d'une saison et le début de la suivante, avec pour première réaction "Rhaaa les salauds ! On veut la suite !". Pour moi, les six sont toutes absolument réussies, même la toute dernière qui signe donc la fin de la série. Voilà mon petit classement, qui va bien sûr du moins bon vers le meilleur (un classement difficile à réaliser, je vous l'assure).

         Attention, cet article révèle la fin de chaque saison de Lost, à ne pas lire si vous ne connaissez pas, même par curiosité !
 

   

Indice Spoiler : Spoiler3

 

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         La fin de la saison 2 - La fin du bunker

         Pour moi la moins bonne des 6, mais il n'empêche qu'elle envoie du lourd ! Michael tire sur Ana-Lucia et Libby, embarque avec son gamin à bord d'un bateau pour quitter l'île. Pendant ce temps, Locke et Desmond font exploser le bunker et un énorme champ magnétique rend le ciel tout blanc. J'adore particulièrement ce passage, lorsque Jack, Kate, Sawyer et Hurley sont prisonniers des Autres, avec cet Henri Gale qu'on apprend tout juste à connaître et qui deviendra un personnage très important dans la suite de la série, notre cher Benjamin Linus. Le moment où l'énergie magnétique est libérée et que tout le monde est ébloui est vraiment impressionnant, et la bande son est assez jouissive. La saison se termine sur deux mecs dans une station sous la neige, qui captent l'anormal champ électromagnétique et préviennent Penny de cet événement. Assez intéressant, mais c'est néanmoins (à mon goût) la fin de saison la moins stimulante. Le fait que Penny retrouve la trace de Desmond nous laisse de l'espoir quant à l'avenir des naufragés, et on se demande fortement ce que va provoquer réellement cette explosion magnétique sur eux (notamment Desmond : est-il mort ?). Ca tient suffisamment en haleine pour s'impatienter, mais c'est quand même en dessous des autres fins de saisons.


 



 
         La fin de la saison 4 - La fin de Jeremy Bentham

         La fin de la saison 4 est à mon goût légèrement meilleure que la saison 2, car elle est bien plus impressionnante. Tout d'abord, Ben tourne la roue gelée pour déplacer l'île dans l'espace-temps, ce qui constitue une scène vraiment sublime. Puis, on ressent vraiment le côté "twist final" propre à la série, et c'est plutôt bon, car on apprend enfin dans le flashforward final qui est Jeremy Bentham, et qui se cache donc dans le cercueil. Quand on se rend compte que, pendant tous ces flashforwards, ce qui a bouleversé Jack était en fait la mort de John Locke, je dois avouer que ça m'a ému. La saison 4 est quand même excellente, toute cette intrigue autour des Oceanic Six est vraiment intéressante, et le fait de voir Jack déprimer autant pendant toute la saison est assez triste. Du coup, cette fin de saison 4 résonne comme un cadeau pour Jack, puisque Ben lui donne l'espoir de revenir sur l'île, chose qu'il semblait désirer profondément depuis la fin de la saison 3. Jack devient très attachant à partir de cette saison, et ce jusqu'à la toute fin de la série. Je trouve l'évolution de ce personnage vraiment bien travaillée et belle. Bref, je vous remets cette superbe scène, lorsque la caméra passe par-dessus le couvercle du cercueil pour nous dévoiler l'identité du cadavre... Un grand moment de Lost.


 


 

         La fin de la saison 5 - La fin de Jacob et Juliet

         La fin de la saison 5 est une pure bombe. Rarement je n'ai été autant tenu en haleine à la fin d'un épisode de Lost, et il faut dire que les scénaristes sont forts là-dessus. C'est tout d'abord l'introduction d'un nouveau personnage, le rival de Jacob, qui va nous intéresser pendant toute la saison 6. Mais c'est également la mort de Jacob et une révélation importante : qui est réellement ce nouveau John Locke ? Enfin, la toute fin de la saison est quand même énorme : à savoir cet ultime flash lumineux provoqué par Juliet-"come on, son of a bitch". Beaucoup de tension, les spectateurs ont dû tous se dire plus ou moins la même chose "Mais merde, Faraday avait-il tort ou raison ??". Les scénaristes poussent la scène le plus loin possible : Juliet fait exploser la bombe, le grand flash de lumière nous éblouit... Et juste après, normalement, se trouve la réponse ultime, mais non, une seconde avant la révélation c'est le titre final de LOST qui apparaît, cette fois-ci en noir sur fond blanc. Et on n'a plus qu'à attendre un an. Beaucoup d'émotion également avec tous nos personnages favoris (Jack, Kate, Sawyer and co), qui se regardent une dernière fois en souriant, avec une magnifique musique de Michael Giacchino. Du grand art. J'ai déjà traité en détails la fin de la saison 5 dans cet article consacré au début de la saison 6, vous pouvez aller y faire un tour si ça vous intéresse.


 


 

         La fin de la saison 6 - La fin de la série

         Là, on arrive dans du très très haut niveau. Même si la fin de la série en a déçu plus d'un, je la trouve à la hauteur de mes espérances, à la fois magnifique et logique vis-à-vis du thème principal de Lost : les personnages. Ils sont ici traités avec le plus grand soin, et c'est juste sublime. C'est la fin de 6 années de bonheur et de plaisir, ça constitue donc un déchirement pour tous les fans, moi y compris. Aujourd'hui j'ai quand même fait mon deuil de la série, mais vraiment, quelle beauté ! J'ai déjà tout détaillé dans cet article consacré à la fin de la série, je ne vais donc pas me répéter et vous laisser savourer cette fin en vidéo (j'aurais presque pu mettre tout l'épisode tellement ces flashs-sideways et les retrouvailles sont sublimes, mais je me limiterai à la réunion finale de tous les personnages et leur départ vers autre chose, en même temps que l'oeil de Jack qui se ferme, concluant Lost de façon quasi-mystique avec un Michael Giacchino au top, et je sais que cette phrase est trop longue mais laissez-moi tranquille !). Brrr, j'en ai des frissons de nostalgie et d'émotion quand je revois cette vidéo... Une des meilleures choses qui m'ait été donné de voir, avec Jack au centre de tout ce final, bon diou mais quel personnage ! Un final absolument merveilleux et déjà culte cette série qui, une fois de plus après la saison 3, nous aura magistralement trompé avec son système de flashs.


 


 

         La fin de la saison 3 - La fin des flashbacks

         Et voilà, il ne me restait plus que les fins de saison 1 et 3 à classer... Le choix a été dur, très dur. La fin de la saison 3 a toujours été pour moi la deuxième meilleure scène de Lost, très chargée en émotion. Mais c'est surtout cet incroyable twist final qui est sublime. Incroyablement intelligent, c'est quasiment inqualifiable ! Alors qu'on se tape des flashbacks pendant 3 saisons, voilà que pendant les 5 dernières minutes de celle-ci, on apprend que tout l'épisode était en fait constitué de flashs du futur et non du passé. Un revirement scénaristique tellement magnifique que j'ai du mal à le décrire. Je me souviens encore de mon ressenti face à ce twist final hallucinant, lorsqu'on voit Kate sortir de la voiture et qu'on se dit que quelque chose cloche... C'est une chose que j'expérimente très rarement, même devant les films les plus surprenants. Pour moi qui suis amoureux des retournements de situations finaux, cette saison 3 m'a énormément plu et aussi achevé. Et s'il n'y avait que ça, ce serait déjà énorme ! Mais non, en plus on a ce pauvre Jack, dépressif et complètement paumé, qui pleure presque, criant ce mythique "We have to go back, Kate !". Je crois que c'est ma réplique préférée de Lost, tant elle implique de choses. Bref, la fin de la saison 3 est tout simplement l'une des meilleures scènes de séries TV que j'ai jamais vu. Matthew Fox est touchant, le scénario est brillant. Quel choc.


 


 

         La fin de la saison 1 - La fin de la trappe

         Cependant, même si la fin de cette saison 3 est immense, je suis complètement obligé de mettre la fin de la saison 1 en première place. C'est une chose absolument dingue, et je me demande si une série TV pourra recréer ça un jour. Non seulement Lost est passionnant, avec des personnages géniaux et du mystère à revendre, mais en plus ces fins de saison sont d'une rare ingéniosité. Tout y est : la musique sublime, l'émotion ultime, et le mystère génialissime. La fin de cette saison a été intense, car on a vraiment vu de quoi les scénaristes étaient capables. Notamment sur cette magnifique scène, celle du flashback dans l'avion. Alors que Locke, Jack, Kate et Hurley viennent de faire exploser la trappe du bunker et que l'intensité est à son summum, on revoit tous nos personnages embarquer dans l'avion au ralenti, le clin d'Hurley à Walt, le signe de tête de Jack à Locke, le sourire de ce dernier, bref. C'est aussi la musique de Michael Giacchino, Oceanic 815, qui est depuis 6 ans l'une de mes compositions musicales préférées tant elle transmet d'émotion et de frisson. Certainement LA meilleure scène de Lost, que la série n'a jamais réussi à égaler, bien qu'elle ait quasiment réussi dans la saison 6. Et puis, bien sûr, alors qu'on pense que la saison va se terminer là, la musique s'assombrit, on revient sur la trappe, et la caméra descend tout au fond du bunker, nous révélant en partie ce qui se cache sous cette fameuse fenêtre que Locke a eu tant de mal à ouvrir. Je crois que l'attente entre la saison 1 et la saison 2 a été encore plus horrible que n'importe quelle autre (même celle qui a suivi la saison 5). Tout simplement indescriptible, une vidéo vaut mieux qu'un long blabla.


 


 

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         Voir aussi : Lost - la fin de la saison 5 (et le début de la 6), Lost - la fin de la série.


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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 22:07

        J'ai donc terminé la série Six Feet Under (avec 4 ans de retard), et je ne m'en suis toujours pas remis. Une histoire familiale à la fois drôle, triste et humaine. Personnellement, je suis un très grand fan de l'émotion négative dans les films et séries (les scènes dramatiques, tristes à souhaits, la déprime, sont des choses que j'adore). C'est quelque chose que je recherche continuellement sur écran. Cette série en est bourrée et c'est ce qui fait son énorme charme. Dans cet article, je ne vais pas parler de la fin de la série (pour ça, il faut aller voir cet article). Ce sera plutôt une critique de ce qui m'a plu (ou non) sur l'ensemble de ces 63 épisodes, ainsi qu'un petit descriptif de chaque personnage.

 

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          | 1 - La série | (Indice Spoiler : Spoiler1)

 


          Je suis vraiment satisfait d'avoir fini par me lancer dans cette série (63 épisodes, ça ne représente pas rien !), car je la trouve pleine de bonnes choses. De l'humour, du drame, de l'émotion, et surtout des personnages très travaillés, profonds. Si vous n'avez jamais vu la série, voici de quoi vous donner l'envie de la découvrir avec cette vidéo plus que sublime, signée SkyAboveWater (sur Youtube), qui nous présente un peu l'esprit de la série et les personnages principaux :

 


 
 
          Magnifique. Mais je ne vais pas parler des personnages tout de suite. Commençons par donner les atouts majeurs de cette série grandiose.

          Premièrement, le générique de la série (qui ne change pas au cours des 5 saisons) est assez sublime. Il nous montre le parcours d'un cadavre, de son embaument à son enterrement, pour conclure sur le titre de la série "Six Feet Under", qui signifie donc "Six Pieds Sous Terre". La couleur est directement annoncée. On peut voir le générique en suivant ce lien.


six feet under 33          L'histoire de la famille Fisher s'étale sur 5 saisons, nous montrant l'évolution des personnages, au centre d'une entreprise de pompes funèbres (mais pas que !). Chaque épisode débute par une mort, souvent idiote ou insolite. Le décès d'une personne qui deviendra donc cliente malgré elle de l'entreprise "Fisher & Sons" le temps de l'épisode. Les morts sont parfois crues, souvent inattendues ou amusantes, et il faut dire que les scénaristes n'ont pas été à court d'imagination. Le même principe a été ensuite repris par Dr House, où chaque épisode commence par un malade, avec parfois un retournement de situation (celui qui tombe malade/qui meurt n'est pas celui qu'on croit). A la suite du décès, on a droit à un fondu blanc sur lequel s'ajoute une épitaphe (le nom de la personne ainsi que ses années de naissance et de mort). Ca donne immédiatemment le ton de la série, qui use régulièrement du fondu blanc pour changer de scène ou pour finir un épisode. Un procédé assez inhabituel mais qui colle parfaitement à l'esprit.

           La première mort, dès l'épisode pilote, est celle du père de famille, Nathaniel Fisher Senior. A la suite de son décès, ses deux fils Nate et David prennent les rênes de l'entreprise funéraire familiale. Je ne vais pas tout résumer car ça me prendrai des heures et que ça n'aurait aucun intérêt, mais toute la série tourne alors autour des relations familiales et amoureuses qui lient les personnages. De nombreux thèmes sont abordés, comme l'homosexualité, la drogue, l'adultère, la religion, l'éducation, l'art, mais surtout la mort.


six feet under 36          Le thème de la mort est omniprésent dans cette série, ce qui la rend assez sombre et souvent déprimante, car nos personnages vivent dans une atmosphère assez démoralisante. Mais la série ne tombe jamais dans le glauque, ou rarement. Le sujet de la "rénovation" des corps est un peu étrange voire choquant au début. L'oeil du spectateur n'est pas habitué à voir ça, c'est un sujet quand même tabou. Mais il ne faut pas pas oublier que les croque-morts font ça tout les jours, aussi glauque que ça puisse paraître. La série traite la mort avec humour. Assez souvent, les morts présentées en début d'épisode sont paradoxalement drôles (comme la femme qui assomme son mari avec une poêle parce qu'il parle trop). L'humour noir est très présent. Par exemple, l'épisode pilote est entrecoupé de fausses pubs ironiques qui présentent divers produits d'embaumement (comme des crèmes ou de la cire répératrice de peau). Des publicités décalées présentées dans la joie et la bonne humeur. Pas mal d'humour également lorsque Nate apprend le métier et découvre le côté assez morbide de cette activité (le lavage du corps, la réparation, la préparation pour la veillée funèbre), notamment quand il perd le pied de l'un des morts. Cependant, la série n'est pas toujours une partie de plaisir. Evidemment, la plupart des personnages souffre, et leur métier ne les aide pas à aller vraiment mieux. La série nous montre toujours deux points de vue : celui des embaumeurs (Federico, David et Nate), et celui des proches de la victime.


six feet under 35          Ce second point de vue permet à la série de parler du deuil. Si Six Feet Under traite parfois de la mort avec un peu de légèreté, elle ne fait pas d'humour avec le deuil, qui est également omniprésent au cours des 5 saisons. Le scénariste Alan Ball n'essaye jamais de se moquer des personnes en deuil, qui souffrent. En ceci, Six Feet Under jongle habilement avec l'humour noir et le dramatique. Car le sujet de la perte d'un être cher est parfaitement bien traité, et ce dès le début avec la mort de Nathaniel Fisher. La série atteint des sommets, jusqu'à faire ressentir pendant quelques temps ce sentiment au spectateur lui-même. Cependant, Six Feet Under ne s'arrête pas là. Elle pose de vraies questions sur la mort, et il est vraiment rare qu'une série (ou même un film) traite ce sujet de façon si parfaite, ou du moins de façon aussi complète, touchante et profonde. A travers les sentiments des personnages, leur souffrance, leurs questionnements, la série implique parfois pas mal de réflexion de la part du spectateur, et ce n'est pas rien. Parfois des questions d'ordre religieux, ou tout simplement d'ordre philosophique. D'ailleurs, l'enseignement principal qu'on pourrait tirer de ces 63 épisodes est que la mort peut surgir à n'importe quel moment, et qu'on n'est jamais sûr d'être toujours en vie demain. En ceci, elle nous invite à vivre à fond afin de ne pas gâcher ce court moment sur Terre.


six feet underrr          Mais cette série ne parle pas uniquement de la mort, bien heureusement. Elle traite de plusieurs sujets qui sont désormais devenus banals avec le nombre de séries qui voient le jour, mais qui sont mieux traités que jamais. Je pense particulièrement à l'homosexualité, qui subit en règle générale tous les clichés possibles. Ici, les homosexuels hommes ne sont pas cantonnés à des effeminés un peu foufous et extravertis. Enfin, ce cliché assez moche est démonté avec le personnage de David Fisher, un homme simple, réservé et dont je reparlerai plus bas. L'homosexualité féminine est également abordée, lorsque Claire se retrouve en pleine recherche d'identité. Un thème également abordé est celui de l'adultère. Il est souvent présent au cours des saisons, et j'admets que ce n'est pas toujours passionnant. Personnellement, je n'ai pas été plus impliqué que ça dans les affaires du couple Brenda/Nate, intrigue qui m'a agacé plus qu'autre chose. Une histoire assez interminable mais qui constitue le coeur de la série. Quoiqu'il en soit, le sujet de la sexualité est fréquent, et quelques improbabilités assez étranges m'ont un peu irrité (comme le fait que la plupart des personnages (Brenda et David en particulier) couche un peu avec tout le monde, dès que l'occasion se présente). Cependant, les histoires de couple sont relativement intéressantes, notamment la relation entre David et Keith qui m'a vraiment beaucoup plue, car elle brise avec intelligence les préjugés standards qu'on se fait d'un couple homosexuel. Bref, des relations amoureuses parfois complexes, surtout concernant le personnage de Nate, mais qui intriguent quand même.


six feet underrrr          Ensuite, j'ai particulièrement apprécié les procédés d'hallucinations/apparitions/rêves qui sont présents pendant les 5 saisons. Assez souvent, on voit les rêves des personnages, parfois mystérieux, parfois amusants (comme l'un des rêves de David, où il voit Keith en "Egg Man" sur un tracteur, scène que vous pouvez revoir via ce lien). Ces rêves nous en disent plus sur l'état d'esprit des personnages principaux, et le principe est vraiment sympa. A part les rêves, les personnages ont souvent des hallucinations éveillées. La plupart du temps, Nate, David, Ruth et Claire ont des apparitions de leur défunt père et mari, Nathaniel, qui leur donne des conseils et leur en dit plus sur la vie après la mort. Bien sûr, ce ne sont que des interprétations des inconscients des personnages, mais ces scènes sont savoureuses. La plupart du temps, elles sont drôles, grâce à l'acteur Richard Jenkins qui balance des répliques hilarantes, mais parfois plus tristes, du style "Tu peux faire tout ce que tu veux, sale veinard. Tu es vivant !". Ces scènes sont parfois sujettes à une ambiance sombre et déprimante, et il arrive qu'elles concluent un épisode, généralement pour nous faire sentir à quel point Nathaniel Fisher Senior leur manque à tous. Enfin, on assiste souvent à de fausses réalités, qui sont généralement hilarantes. Ces scènes nous montrent ce qu'un personnage a envie de faire sur le moment, comme crier ou s'énerver contre quelqu'un. Un procédé malin qui nous surprend parfois. Un petit exemple avec cette vidéo :

 



         Enfin, j'ai beaucoup apprécié les fins d'épisodes. Il est fréquent qu'un épisode de Six Feet Under se termine sur un note négative ou déprimante, comme un personnage entrain de pleurer (par exemple, la plupart des épisodes de la saison 5 se termine sur un personnage en larmes, c'est assez démoralisant). Cependant, j'adore vraiment ces fins dramatiques et je crois que jamais une série n'aura été aussi loin dans ce style. Quelques vidéos de fins d'épisodes marquantes et déprimantes (attention, spoilers) : 4x01 (très intense), 3x12, David et son père. Avec systématiquement un fond de musique géniale.

         Pour conclure, cette série est vraiment passionnante, avec quelques petits bas, comme la saison 2 qui m'a personnellement agacé, ou quelques histoires très peu intéressantes que je vais développer dans la suite. Cependant, l'ensemble de la série est très agréable, il est clair qu'on a affaire à l'une des meilleures séries de tous les temps, surtout en regard de sa fin tout bonnement hallucinante et pleine d'émotion. Une émotion transmise par une bande son absolument magique, avec plusieurs morceaux bien calmes et déprimants, des musiques d'ambiance dont je raffole car elles nous plongent instantanément dans un état d'esprit assez sombre.

         C'est donc une série mythique et unique, un bijou d'humour et de drame comme j'en ai rarement vu. Beaucoup disent que cette série possède la meilleure fin jamais créée, et bien que je sois loin d'avoir tout vu au niveau séries TV, je partage cet avis.






          | 2 - Les personnages | (Indice Spoiler : Spoiler2)


          Cette partie de l'article ne raconte pas la fin de la série, mais elle est bourrée de spoilers concernant des détails sur les différentes saisons et l'évolution des personnages (eh oui, sinon comment voulez-vous que j'en parle !)


          En plus des multiples thèmes abordés, la série reste néanmoins une série à personnages. Ce sont leurs émotions, leurs sentiments et leurs actes qui priment et sont intéressants. Et tous sont attachants, certains à des niveaux différents car ils sont parfois agaçants certes, mais chacun d'entre eux nous touche à un moment donné de la série. La toute fin les rend d'ailleurs encore plus bouleversants.



six feet under nate 2          Nate Fisher (Peter Krause)


          C'est autour de lui que tourne l'essentiel de la série. Chaque saison nous montre l'un des multiples problèmes qu'il va avoir. Car ce personnage est tout simplement l'homme le moins chanceux de cette série, qui souffre continuellement et à qui il n'arrive que des crasses. D'ailleurs, le nombre de fois où le personnage pleure dans cette série est assez impressionnant. Mais ça a toujours son effet. On le voit régulièrement fondre en larmes, mais il fait tout pour aller de l'avant. D'un naturel franc, il dit toujours ce qu'il pense et si quelque chose ne lui plait pas, il le fait remarquer. Ainsi, il s'énerve assez fréquemment, mais ce côté de sa personnalité le rend assez attachant.

          Au début de la série, Nate revient à Los Angeles pour les fêtes de fin d'année afin de voir sa famille qu'il avait quittée à l'âge de 17 ans. C'est ce jour-là que va mourir son père, Nathaniel Fisher Senior, au volant de son corbillard, laissant les rênes de son entreprise funéraire à lui et son frère cadet, David. Ce personnage est intéressant à travers l'évolution de ses relations avec sa famille, notamment Claire (avec qui il s'avèrera être assez proche). Au cours de la première saison, Nate va donc essayer de renouer des liens avec son frère, sa soeur et sa mère, tout en apprenant le métier de directeur de pompes funèbres. Même si cette activité était loin d'être sa vocation première (ce qui nous est souvent rappelé par l'intérmédiaire de flashbacks), Nate s'avère être quelqu'un d'humain et de sensible, qui trouve toujours les bons mots pour réconforter les proches des victimes. A partir de ce moment, il va avoir une relation avec Brenda Chenowith et les soucis débutent, le plongeant dans une descente aux enfers.


six-feet-under-lisa.jpg          Tout au long de la série, Nate va souffrir, que ce soit dans sa relation avec Brenda, avec Lisa, puis à cause de sa maladie. Ca le rend vraiment très poignant, car on ne peut qu'éprouver de la compassion pour lui. D'autant qu'au moment même où il semble aller mieux, il lui arrive systématiquement une merde supplémentaire. Par exemple, toute sa relation avec Lisa est assez étrange, car depuis le début, on sent parfaitement que les sentiments ne sont pas là et que la relation est fausse. Cependant, lorsque Nate finit par aimer sa vie avec elle et commence tout juste à avoir de vrais sentiments pour elle, le drame survient. Nate est vraiment très expressif, et c'est ça aussi que j'ai adoré chez lui. Souvent souriant, il a des expressions qui lui sont propres, des réactions qui font très naturelles et une attitude assez cool que j'apprécie. Il est également caractérisé par son activité sportive, puisqu'il pratique le jogging régulièrement, courant des kilomètres dès le petit matin. Une habitude qui sera l'objet d'une scène terriblement émouvante à la fin de la série (je n'en dis pas plus). L'acteur, Peter Krause, est pour moi une grande révélation, et j'espère le découvrir dans d'autres oeuvres par la suite. Je ne le connaissais pas et il m'a vraiment surpris. D'ailleurs, tous les comédiens de la série sont excellents, bien que peu connus (voire pas du tout), jouant leur rôle avec un naturel déconcertant.




six feet under David 2          David Fisher (Michael C. Hall)


          David est donc le frère de Nate. Tout aussi attachant que ce dernier, il a été formé au métier de directeur de pompes funèbres par son père, ce qui a valu son nom à l'entreprise familiale : "Fisher & Sons". A la mort de son père, David est bouleversé et doit apprendre à travailler avec Nate plus ou moins contre son gré (au début). Dès le premier épisode, David est présenté comme quelqu'un d'assez introverti, voire complètement froid. Mais on se rend compte assez vite qu'il est très sensible bien que sa carapace soit assez difficile à rompre. On apprend qu'il est homosexuel (en couple avec Keith, un policier qui a ses humeurs) et apparaît au début comme quelqu'un d'assez soumis et qui en souffre. La série fait éclater avec brio les préjugés sur les couples homosexuels, et je dois avouer que c'est impressionnant. J'ai moi-même été surpris de voir avec quelle habileté ce couple a été traité, sans jamais tomber dans les clichés. David et Keith sont vraiment touchants et j'admets que tous mes préjugés sur les couples gays se sont envolés avec Six Feet Under. Et le fait que le scénariste et réalisateur de la série, Alan Ball, soit ouvertement gay n'y est sûrement pas pour rien dans cette vision assez nouvelle (à l'écran) et réaliste. David est ici un homme avec de nombreux doutes, un manque de confiance en lui qui l'empêche de s'affirmer pendant une bonne partie de la série.

          La seule chose qui m'énerve un peu avec ce personnage (mais ce n'est pas bien grave), c'est le nombre impressionnant d'histoires de cul qu'il peut avoir (je ferais d'ailleurs la même remarque pour Brenda). Au cours de la série, David et Keith rencontrent un certain nombre de personnes homosexuelles, parfois par hasard, et ça finit toujours pareil. Ce qui est, à la longue, assez agaçant. Hormis ceci, le personnage est particulièrement émouvant et apitoyant, très émotif, et notamment lors de l'épisode 5 de la saison 4, qui est consacré à l'agression horrible qu'il subit en prenant un autostoppeur. Un épisode très bon, très prenant et bourré de suspense, où l'acteur Michael C. Hall excelle d'un bout à l'autre. Cet acteur que je ne connaissais pas non plus m'intrigue d'ailleurs, car il est plein de talent. C'est pourquoi je pense essayer la série Dexter où il joue un rôle totalement différent. Cependant, je sens que je vais avoir beaucoup de mal à m'adapter à ce changement.



six feet under Claire 2          Claire Fisher (Lauren Ambrose)


          La jeune fille de la famille Fisher est certainement l'un des personnages que j'ai le plus préféré, avec Nate et David. Lorsqu'on la découvre pour la première fois dans l'épisode 1x01, Claire s'essaie déjà au crack. Elle est donc sous l'effet de la drogue quand elle apprend le malheureux décès de son père. Ce personnage a quelque chose de fascinant tout au long des saisons, car on la voit évoluer, devenant adulte, mais toujours aussi fragile. Claire est assez étrange car elle n'est pas exactement ce qu'elle laisse paraître. Alors qu'elle fait sûre d'elle et qu'on a parfois l'impression qu'il ne faut pas lui marcher sur les pieds, ce n'est finalement qu'une adolescente pleine de doutes. Il est d'ailleurs fréquent que ce personnage cherche à intimider ou à s'énerver contre quelqu'un, mais devient soudainement très fragile à la moindre remarque. Concernant ses conquêtes amoureuses, je dois avouer que j'étais bien content de voir disparaître le personnage de Gabe qui m'a horripilé dès le début. Bien que j'ai trouvé sa relation avec Russell un peu plus passionnante, on ne peut pas dire que ça ait cassé des briques. On est simplement désolé pour elle, qui semble collectionner les petits amis un peu tarés. Je dois également souligner que Claire m'a bien agacée dans la saison 4, dans son trip "je suis malheureuse et j'écoute de la musique dans ma chambre en fumant de l'herbe". Ca m'a paru un peu trop cliché et j'ai trouvé ça assez moyen. Par contre, le très bon point de ceci est la mise en évidence de sa recherche d'identité. Claire se demande, à un moment, si elle pourrait être attirée par des filles, et le thème de l'homosexualité se renouvelle. Cependant, ce sera de courte durée (et heureusement, sinon ce revirement scénaristique aurait été bien ridicule), juste histoire de nous signaler que la jeune femme est en quête d'elle-même, ce que j'ai trouvé vraiment intéressant. Pour conclure sur ses histoires de coeur, je n'ai pas été tellement emballé par son couple avec Ted, mais ça n'a pas été beaucoup développé, et tant mieux.

          Là où le personnage devient très intéressant, c'est lorsqu'elle se lance dans la voie de l'art. Persuadée d'être une artiste, Claire est une créatrice, pleine d'idées et dotée d'un don. Même si la fac d'art qu'elle intègre est à mon goût un peu trop stéréotypée (Claire ne fait connaissance qu'avec des tarés drogués), j'ai beaucoup aimé l'introduction du personnage Olivier, vraiment passionnant jusqu'à ce qu'il sorte ridiculement avec la mère de Brenda. Toute l'intrigue autour de l'inspiration, les photographies et les oeuvres de Claire est vraiment captivant. D'autant que c'est à travers l'art que la série s'exprime assez souvent, puisque Claire immortalise les grands moments de la série avec son appareil. On peut retrouver l'essentiel des oeuvres de Miss Fisher dans cette vidéo qui n'est pas sans rappeler aux fans les meilleurs souvenirs de Six Feet Under (avec la magnifique musique de Sia (Breathe Me) en fond) :

 


 
          Mais le personnage ne se résume pas à ça. Autour du personnage de Claire, on a également une destinée, quelque chose de fort. Elle s'avèrera finalement être le personnage principal de la fin de la série, dans une scène magnifique que je ne vais pas dévoiler ici (allez sur cet article pour en lire un peu plus). Quoiqu'il en soit, l'actrice Lauren Ambrose (qui avait en fait 27 ans dans la saison 5, et non 22, chose que je trouve assez surprenante) est exceptionnelle. Elle a ce quelque chose de terriblement attachant que je ne saurais vraiment expliquer. C'est surtout son regard qui est impressionnant. Ses yeux offrent parfois des expressions totalement hallucinantes. Elle arrive à faire passer un truc de très fort dans son personnage, c'est assez dingue.



six-feet-under-ruth.jpg          Ruth Fisher (Frances Conroy)


          Ruth est un personnage que j'ai personnellement eu un peu de mal à supporter dans cette série. En ceci, l'actrice Frances Conroy est parfaite, car elle nous interprète un personnage à la fois sensible et agaçant. Ruth est donc la mère de famille, très protectrice et surtout irritante dans sa façon de réagir. S'énervant très facilement contre ses enfants, elle apparaît comme une personne un peu vieux jeu, parfois terriblement hypocrite et égoïste, et parfois altruiste qui ne veut qu'une seule chose : le bonheur de ses enfants. Volonté qu'elle ne laisse pas toujours paraître, notamment à l'égard de sa fille Claire avec qui elle se prend régulièrement le bec. Avec son chignon bien serré et ses lèvres pincées, Ruth est cependant une femme malheureuse qui sent la solitude venir avec la mort de son mari et l'épanouissement de ses enfants. En ce sens, c'est un personnage touchant. Quoiqu'il en soit, ce personnage m'a quelques fois ému, mais assez souvent soûlé. Elle a également des amies qui m'ont agacé, ce qui n'aide pas le personnage à être attrayant, d'autant qu'elle passe son temps à se plaindre auprès d'elles. Bettina est certes amusante, mais son personnage n'apporte pas grand chose à la série. De même pour sa soeur Sarah, dans le trip zen et "paix intérieure" un peu cliché et sans intérêt.

          Il y a du mieux concernant ses relations amoureuses, mais pas toujours. Disons que c'est moitié-moitié. D'un côté, on a Hiram, le coiffeur, pas drôle et vraiment naze, ainsi que Nikolaï, le russe à l'accent bien ressenti. Nikolaï est l'un des pires personnages de la série, jamais attachant, qui a des problèmes d'argent dont on se fiche éperdument. Son séjour de quelques semaines sur le canapé de la famille Fisher à cause de son plâtre m'a vraiment paru interminable. De l'autre, il y a trois sérieux personnages qui sont vraiment intéressants. Le plus intriguant est bien sûr Nathaniel, son premier mari qui meurt dans l'épisode pilote. Et puis, George, son compagnon final. six feet under arthurJe reviendrai sur ces deux personnages plus tard, pour m'attarder ici sur Arthur, personnage qui n'est pas resté très longtemps mais tellement insolite et intéressant qu'il vaut le détour. Sa première apparition est sonore, puisqu'on l'entend dire bonjour avant que la caméra ne se pose sur lui. Et cette voix, je l'ai immédiatemment reconnue, celle de Rainn Wilson qui joue l'hilarant Dwight Schrute de The Office (US). C'est avec une grande surprise et surtout un énorme plaisir que j'ai découvert cet acteur dans un autre rôle. C'est un rôle finalement assez proche de Dwight Schrute dans son comportement. Il est doté d'une culture générale impressionnante, bien que troublante. Par contre, au niveau du caractère, les deux personnages sont bien différents, puisque Arthur est ici un individu extrêmement gentil, attachant et serviable. Sa courte relation avec Ruth est assez mignonne, avec le frottage de joues. Il est dommage que le personnage soit parti si vite de la série.

        

six feet under nathaniel           Nathaniel Fisher
           (Richard Jenkins)



          Je termine en beauté sur la famille Fisher avec le père de famille, Nathaniel Senior. Richard Jenkins est un acteur vraiment génial. Comme ce personnage meurt dès les premières minutes de la série, il n'apparaîtra finalement que sous forme d'hallucinations et de rêves. Ces rêves étant toujours des manifestations des subconscients de personnages, Nathaniel Fisher n'apparaît quasiment jamais dans la série (sauf quelques flashbacks exceptionnels). C'est d'ailleurs assez difficile à expliquer, car même si le personnage n'est pas vraiment présent, on sent qu'il agit et parle en tant que père et non en tant que subconscient. Ce qui est assez bizarre. Disons que les personnages l'imaginent comme s'il était encore parmi eux, signe qu'il leur manque considérablement. Bref, les apparitions de Nathaniel Fisher sont toujours bienvenues, que ce soit dans un cadre amusant comme déprimant. Le premier cas englobe toutes les répliques et remarques désopilantes de Nathaniel, qui donne toujours des conseils à ses enfants et sa femme avec un regard extérieur. Il donne donc l'impression d'être un fantôme qui passe son temps à observer et se permet de venir parler à ses proches de temps en temps. Pratiquement toujours avec humour, mais parfois avec tristesse, ce personnage apparaît de temps en temps indépendamment de tous les autres, ce qui laisse penser qu'il est bien présent et qu'il les suit après sa mort. L'acteur a des expressions tellement profondes, tellements tristes, que c'en est incroyable. D'ailleurs, les meilleures fins d'épisodes se terminent avec Nathaniel, qui donne une dimension dramatique très forte à plusieurs scènes. J'ai déjà mis une vidéo sur le sujet, que vous pouvez revoir ici, et voici deux autres exemples avec des vidéos qui me resteront longtemps en mémoire, tant ce personnage intrigant nous laisse bouche bée :

 



       “Well, well, the prodigal returns. This is what you've been running away from your whole life, buddy boy. Scared the crap out of you when you were growing up, didn't it? And you thought you'd escape. Well, guess what? Nobody escapes.”



six feet under brenda 2          Brenda Chenowith (Rachel Griffiths)


          Parlons un peu de la famille Chenowith, qui est, dans l'ensemble, très agaçante. Brenda est certainement le personnage le plus complexe de la série avec son frère Billy, mais si j'ai trouvé l'actrice absolument géniale dans un premier temps, elle a fini par me lasser rapidement. Ainsi, toute la saison 2 a été pour moi un peu longue, car j'ai trouvé l'histoire entre Brenda et Nate plutôt lourde, chose que je n'ai pas ressenti avec le couple Dave/Keith. Brenda est donc une femme plutôt infidèle au début de la série, couchant un peu avec n'importe qui. Malheureusement, même si elle attire parfois la compassion, je l'ai trouvée assez peu touchante, car vraiment "chiante". Toutes les disputes entre elle et Nate sont interminables et ne mènent à rien. Pour ceci, la saison 3 (qui a été un joli tournant dans la série) m'a été particulièrement agréable, car le personnage a été occulté au profit de Lisa Kimmel (jouée par Lili Taylor). Même si Lisa n'est pas super passionnante, et surtout bien moins complexe que Brenda, j'étais soulagé que la série change un peu d'air. Pendant cette période, Brenda sort quelques temps avec un personnage assez étrange, Joe. Une relation dont on aurait pu se passer, car elle présente très peu d'intérêt et se termine assez brutalement. En fait, pendant la période où Nate n'était plus avec Brenda, je n'avais absolument rien à faire du sort de ce personnage. Du coup, cette intrigue amoureuse m'a gavé. Cependant, elle devient un peu plus intéressante avec l'arrivée de Maya, de son bébé et de sa fausse couche. Ca a relancé un peu le personnage qui s'était totalement perdu dans une relation ambiguë avec son frangin et toute cette histoire mystérieuse de "Nathaniel and Isabel".


six feet under billy          De plus, le personnage de Brenda en a introduit un autre : celui de sa mère Margaret qui m'insupporte complètement. Quoiqu'il en soit, la famille Chenowith contient quand même un très bon élément : Billy. Le frère de Brenda est vraiment intrigant, et on suit son évolution avec captivation et parfois effroi. Un homme qui souffre d'une maladie assez moche qui fait de lui quelqu'un d'instable et de potentiellement dangereux. Ainsi, le personnage alterne les phases très bonnes (par exemple, lorsqu'il devient prof à la fac) avec d'autres périodes plus sombres, ce qui le rend très intéressant. Paradoxalement, sa condition et ses actes nuisibles rendent Billy attachant, car on a réellement envie qu'il s'en sorte et soit enfin heureux. De plus, Jeremy Sisto est parfait de ce rôle.




six feet under rico 2          Federico Diaz (Freddy Rodriguez)


          Rico est encore un personnage assez "agaçant". Ce mot revient souvent dans cet article, ça doit donner l'impression que je n'ai pas aimé la plupart des personnages... Cependant si c'était le cas, je ne pense pas que j'aurais suivi la série jusqu'au bout. Federico a un côté énervant, car il fait souvent quelques mauvais choix, notamment lorsqu'il se sépare de Vanessa. Ceci est certainement dû au fait que le couple s'est marié très jeune et ont eu des enfants rapidement, mais la série est là pour nous rappeler que l'amour entre deux personnes est capable de durer longtemps. D'ailleurs, toute la période pendant laquelle Rico prend soin d'une prostituée et se lie d'amitié (voire plus) avec elle est assez lourde. J'ai d'ailleurs trouvé ce personnage particulièrement antipathique. Rico m'a également un peu soûlé en montrant, en début de série, un caractère légèrement homophobe (avec pour excuse : la façon dont il a été élevé). Cependant, le personnage reste attachant à de nombreux moments. Son amour pour Vanessa et ses enfants prime par-dessus tout, et c'est quelque chose d'assez fort dans ce couple. Ce qui est bien dans cette série, c'est qu'on suit les sentiments et l'évolution de chaque personnage. Rico n'est pas seulement l'homme qui répare les corps, il est aussi un jeune homme qui fait quelques erreurs et qui les paie. Il m'a particulièrement ému lors de l'épisode 5x09. Je ne peux pas révéler pourquoi à cause de l'Indice Spoiler, mais ceux qui l'ont vu savent de quoi je parle. Quant à Vanessa, elle a également son charme, elle est touchante dans sa souffrance, notamment lors du décès de sa mère. Mais il faut avouer que par moments, ce couple nous exaspère.



six-feet-under-keith.jpg          Keith Charles
          (Mathew St. Patrick)



          Parlons un peu de Keith, le petit ami de David. Aaaah Keith. Ce personnage qui m'exaspérait au début de la série a pris du bon au fil du temps, devenant plus cool, plus gentil et moins énervé. L'évolution de Keith au coeur de la série et de sa relation avec David est intéressante et je me suis un peu attaché à lui quand même. Même si la plupart du temps, dans les premières saisons, il passe tout son temps à gueuler et à s'énerver contre David, il est agréable que les scénaristes l'aient fait évoluer, vers un homme qui maîtrise ses colères plus facilement. Parce que je n'aurais pas pu supporter ça jusqu'à la fin, d'ailleurs ça commençait à tourner en rond. Keith est également loin du stéréotype gay façon Queer, et ça fait du bien. Même sa mutation en garde du corps de stars et sa très courte relation avec Céleste est intéressante. Ce que j'aime avec ce personnage, c'est la façon avec laquelle il nous surprend dans ses réactions. Alors qu'on a l'habitude de le voir partir au quart de tour à la moindre remarque de David, il s'apaise petit à petit au cours du temps. Ainsi, à partir des saisons 3-4, il commence à sourire et même rire, et il faut avouer que l'acteur Mathew St. Patrick a une bouille très communicative. Je ne pouvais pas m'empêcher de me marrer dès que je le voyais pouffer. Enfin, son couple avec David a vraiment bien évolué, allant jusqu'à toucher au sujet de l'adoption, encore un thème bien traité, de façon simple et réaliste. Bref, un excellent personnage qui a mis du temps à démarrer, mais qui a abouti sur quelque chose de très positif.



six feet under george          George Sibley (James Cromwell)


          Finissons enfin par George. Pourquoi lui ? Oh, n'allez pas croire que c'est fait exprès, c'est tombé comme ça. Que dire sur George ? Pour lui, c'est peut-être bizarre mais j'ai senti un très bon feeling dès le début. Certainement parce que les 3 enfants Fisher (Nate, Claire et David) ont décidé dès le départ de rejeter sa présence et de se moquer ouvertement de lui, de lui faire sentir qu'il n'était pas le bienvenu. Pourtant, c'est un personnage que j'ai trouvé très agréable et assez sympathique, bien qu'il soit un peu lourdingue lors des ses premières apparitions. Toute son histoire d'abri atomique a été quand même assez intriguante, jusqu'à la révélation de son problème. Si George passe pour un goujat à cause de ses multiples mariages et de ses enfants oubliés, il est clair qu'il nous touche, car il cherche simplement à avoir une vie paisible et simple, loin de tous problèmes conjugaux. Sa relation avec Ruth est vraiment passionnante, je trouve, car ce sont deux personnes de caractères totalement opposés qui cherchent néanmoins à vivre ensemble. J'ai souvent éprouvé de la compassion pour ce personnage, surtout lorsqu'on le voit, dans un rêve de Ruth, subir des traitements par électro-chocs, avant de se rendre compte que ce n'est pas un rêve mais un flashback. Assez percutant.


six-feet-under-Maggie-Sibley.jpg          On suit également l'évolution de la fille de George, Maggie Sibley, qu'il apprend à connaître des années après avoir fui sa famille. Maggie est un personnage vraiment étrange, que j'ai toujours eu un peu de mal à cerner. De nombreux fans n'ont pas pu la supporter, car elle a été un parasite (bien que totalement passive) dans le couple Brenda/Nate, ce qui à déplu aux fervents défenseurs de ce couple. Personnellement, j'ai toujours pensé que le tandem Brenda/Nate ne pourrait jamais coller, et je trouve que le couple Maggie/Nate avait tout son sens, au niveau de la compatibilité de leurs caractères. Bref, Maggie ne m'a jamais vraiment énervée, au contraire.







          Voilà tout pour cette série, il me tenait vraiment à coeur de faire cet article. Il m'a pris un certain temps mais il fallait absolument que j'en parle, tant Six Feet Under m'a plu et m'a marqué en tant qu'émotion très négative et ambiance déprimante. Ca fait très longtemps que je n'ai pas ressenti quelque chose d'aussi fort pour une série (notamment la fin de la série qui est une apogée d'émotion très intense).





          Voir aussi : Six Feet Under (découverte), Six Feet Under (fin de la série)




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Published by Sebmagic - dans Séries TV

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 20:26

           Eh bien voilà... Il y a un peu plus d'un mois, j'entamais cette série, Six Feet Under (voir ici), dont j'entendais beaucoup parler et qui ne m'avais jamais attirée plus que ça. J'en ressors à l'instant et, encore une fois, totalement bouleversé. La question que je me pose est : comment est-ce possible de créer des choses aussi magnifiques et aussi poignantes... Je suis particulièrement sensible aux films et séries dramatiques, aux fins de saisons impressionnantes à la Dr House ou Lost. Ca me reste dans la tête un moment et ça me travaille. Mais là, merde, ça atteint un sommet totalement dingue. Je crois que je vais affirmer que je n'ai jamais vu une fin de série aussi bouleversante... aussi aboutie, aussi incroyable et aussi parfaite. A quinze lieues du final de Lost, la fin de Six Feet Under m'a foutu une claque et je vais certainement rester quelques temps abasourdi.

          Attention, la suite de cet article n'a aucun intérêt pour vous si vous n'avez jamais vu la fin de la série.

   

Indice Spoiler : Spoiler3

 

six feet under 2

 

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         Je ferai un article plus tard sur les personnages de cette série, car il est intéressant de s'y attarder. C'est clairement une série à personnages, ça l'a été depuis le début, et ce pendant les 5 saisons. Pendant 63 épisodes, on suit le destin de la famille Fisher, l'évolution de chacun des personnages, et la fin de la série arrive avec une logique suprême.


six feet under         Il est clair que l'essentiel de la série aura particulièrement tourné autour d'un seul personnage : Nate. Toutes les saisons sont centrées sur ce personnage, sur ce qu'il lui arrive. Certes, tous les personnages sont traités avec profondeur et de façon incroyable, tous ont leur importance et leur charme, mais c'est quand même Nathaniel Fisher Jr qui reste le personnage le plus important. La série nous montre sa descente aux enfers, et la saison 5 signe sa mort, 3 épisodes avant la fin ultime. Rien que ceci, j'ai eu beaucoup de mal à l'encaisser, car il faut bien avouer que Nate a toujours été mon préféré, dans sa façon d'être. Son sourire rassurant, ses expressions, sa sensibilité, j'ai rarement été autant attaché à un personnage de fiction. L'acteur, Peter Krause, apporte beaucoup à la série, il fait un travail énorme. On assiste impuissants, pendant 5 saisons, au destin tragique de cet homme, à ses émotions, ses sentiments, et il est extrêmement difficile de le laisser partir. Ainsi, la fin de l'épisode 5x09 est déprimante et triste, avec ce fondu blanc et le nom qui apparaît :  Nathaniel Fisher Junior, 1965 - 2005  (fuck, je sais que ce n'est qu'une bon diou de série fictive, mais je suis encore sous le choc).

         J'avoue qu'à la suite de cet épisode, je me demandais bien ce qu'il pourrait se passer durant les deux derniers, puisqu'à ce moment précis, la fin de Nate était pour moi l'aboutissement de la série tout court. Mais il aurait été idiot de ma part d'oublier tous les autres personnages, avec qui on a également souffert pendant 60 épisodes. Car il est clair que l'histoire n'est pas uniquement centrée sur Nate, loin de là. On a ici le portrait d'une famille complète. La série devait nécessairement se garder 2 heures supplémentaires pour traiter son sujet de prédilection : le deuil. Le spectateur est lui aussi presque en deuil, mais de voir tous les personnages souffrir et pleurer, c'est affreux et déprimant. Ruth, Claire, David, Brenda, Georges, tout le monde y passe et pleure la mort de leur proche. Ils sont sous le choc, tout comme nous, et c'est traité de façon magnifique. J'admets avoir été un peu apeuré, en voyant le dernier quart d'heure arriver, car il ne s'était finalement pas passé grand chose dans ce double épisode final. On voit surtout les personnages évoluer avec leurs enfants. Brenda a peur pour la santé de son bébé, Willa, Ruth tente de garder Maya, tandis que David et Keith s'occupent de leurs deux enfants adoptés. Et la seule chose que j'avais en tête, c'était : "mais on s'en fout de ces gosses, montrez-moi tout ce que vous avez pour finir cette sublime série de façon magistrale". Et je n'ai pas été déçu, puisque les 6 dernières minutes de la série sont tout simplement indescriptibles. Comme à mon habitude, je me passe cet extrait en boucle et je me demande encore comment des scénaristes peuvent réaliser des conclusions aussi bouleversantes...


 


 

six feet under 4          Cette conclusion est forte, très forte. C'est pour moi la fin de série la plus réussie que j'ai jamais vu. Le début de cette vidéo est tellement triste que j'en pleure en écrivant ces lignes. Claire prend la voiture, en route vers un futur à New York. En regardant dans son rétroviseur, elle voit une dernière fois Nate courir vers la voiture, et disparaître petit à petit... Cette scène me prend aux tripes à chaque fois que je la vois. Nate qui court, exactement comme s'il faisait son jogging habituel, et qui disparaît, c'est à la fois sublime et triste (je vous jure que je suis entrain de chialer, j'ai du mal à m'en remettre). Suite à ceci, Claire se met à pleurer au volant de sa voiture et là, c'est vraiment poignant, car comme elle, on ne peut pas supporter de le voir partir ainsi. S'ensuit alors un tas de scènes toutes plus émouvantes les unes que les autres. On voit le destin de chacun des personnages à vitesse grand V, notamment leurs morts. Des écrans blancs avec les noms de nos personnages principaux s'affichent les uns après les autres, et c'est absolument insoutenable, après tant de temps passé avec eux. Je me demande comment quelqu'un pourrait être insensible à toutes ces images...

six feet under 6         C'est Ruth qui meurt la première, avec ses deux enfants à son chevet, ainsi que Georges, qui pleure. Avant de mourir, elle aperçoit son défunt mari Nathaniel Fisher Senior, joué par l'admirable Richard Jenkis, ainsi que son fils Nate, qui la regarde avec son éternel sourire (que cet acteur peut être parfait !). Puis viennent les morts de Keith, David, Rico, Brenda, le mariage de Claire qui nous indique quand même que la vie continue, et pour finir, la mort de Claire... Ces 6 décès sont accablants et donnent une conclusion parfaite à cette série avec une apothéose d'émotion. Tout s'enchaîne avec une telle rapidité... Des personnages attachants, qu'on a suivi du début à la fin, et qu'il est bien difficile de quitter après tant d'heures passées avec eux.


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six feet under 5         De plus, toutes ces séquences passent sur un fond de musique particulièrement bien choisi, il s'agit de "Breathe Me" de Sia. Déprimante, belle, je vais me la passer en boucle un bout de temps. La toute fin nous montre finalement Claire, en route vers son destin et une longue vie bien remplie... L'actrice est absolument géniale dans cette scène finale, où elle quitte pour la première fois de sa vie le cocon familial, en route vers l'inconnu. Elle devient alors finalement l'enfant Fisher le plus intéressant des trois. Il est d'ailleurs bouleversant de penser qu'entre la mort de Nate et celle de Claire, 80 ans ont passé, et qu'elle a certainement toujours continué de penser à ses frères pendant tout ce temps. Bref, un dénouement qui est censé nous dire que la série a traité de la vie autant que de la mort, et qu'elle s'achève sur une note positive, mais ça n'est pas mon ressenti car je trouve ce final vraiment démoralisant. Il est là pour nous rappeler qu'on va tous mourir et qu'il faut absolument qu'on profite du temps qui nous est compté. Une très bonne morale qui correspond bien à l'ambiance de la série.

         Désolé, cet article est bien court pour résumer toute l'intensité de l'émotion qui passe dans ce final, mais comme vous l'avez peut-être senti, je viens de subir un sacré choc émotionnel et je vais avoir du mal à m'en remettre pour ce soir. Je crois que je n'ai jamais autant pleuré devant une série ou un film... Les fans de la série me comprennent certainement.


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         Voir aussi : Six Feet Under (découverte), Six Feet Under (série et personnages).






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